110 000 hectares submergés et 276 millions d’euros pour reconstruire
Des semaines de pluies torrentielles, aggravées par les lâchers d’eau indispensables des barrages saturés, ont provoqué une crise majeure dans les plaines du nord. Selon le rapport officiel, la montée des eaux a déplacé 188 000 personnes et englouti 110 000 hectares de cultures. La situation reste critique autour de la ville de Ksar El Kebir, dont l’accès reste interdit après le débordement de l’oued Loukkos qui a inondé plusieurs quartiers.
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Face à l’ampleur des dégâts, les services du Premier ministre ont classé les communes sinistrées en zones sinistrées. Une enveloppe prioritaire de 1,7 milliard de dirhams sera consacrée à la réhabilitation des infrastructures de base, notamment les réseaux routiers et d’irrigation. Le reste du budget financera le relogement, la reconstruction des logements détruits ainsi que l’aide directe aux petites entreprises et aux agriculteurs, soutenus sur le terrain par le déploiement de l’armée.
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Le ministre de l’Eau, Nizar Baraka, a souligné le caractère inédit de cet épisode climatique, avec des précipitations 35% supérieures à la moyenne enregistrée depuis les années 1990. Le barrage de l’Oued Makhazine, ayant atteint « 160 % de sa capacité » suite à des débits exceptionnels et une fonte des neiges record dans l’Atlas, a dû procéder à un délestage progressif pour éviter une rupture, contribuant aux inondations en aval.
Ces intempéries marquent cependant la fin brutale d’une sécheresse de sept ans qui menaçait l’économie du Royaume. Le taux de remplissage des barrages au niveau national a bondi à près de 70 %, contre seulement 27 % à la même période l’année dernière. Même si le coût humain et matériel est lourd, ces apports en eau reconstituent les réserves stratégiques d’un pays qui avait dû accélérer ses investissements dans le dessalement pour compenser le manque d’eau.