2026 : Le Maroc passe à la vitesse supérieure
Le produit intérieur brut (PIB) du Maroc devrait croître d’environ 5% cette année, son plus haut niveau depuis quatre ans (contre 3,8% en 2024). Cette amélioration s’appuie sur un triple moteur : une campagne agricole prometteuse grâce à une fin d’année pluvieuse, le dynamisme touristique actuel lié à la CAN 2025, et surtout, l’accélération des investissements en infrastructures.
Un investissement public historique de 380 milliards de dirhams
Le gouvernement a ouvert les vannes pour préparer la Coupe du monde 2030. L’investissement public devrait atteindre 380 milliards de dirhams en 2026, soit une hausse de 12% qui représente 21% du PIB – un record historique. Ces fonds, gérés notamment par le Fonds Mohammed VI pour l’Investissement, visent à moderniser le réseau ferroviaire, à prolonger les autoroutes et à construire deux nouveaux ports. Le projet phare reste le futur grand stade de Casablanca (Benslimane), d’une capacité de 115 000 places, destiné à être l’un des plus grands au monde. Parallèlement, le Royaume ambitionne de doubler la capacité de ses aéroports pour atteindre 80 millions de passagers d’ici 2030, afin d’accueillir les 26 millions de touristes visés (contre 17,4 millions l’an dernier).
Les entreprises marocaines en première ligne
Fait marquant pour les investisseurs : ce sont les champions nationaux de la construction qui accaparent la majorité de ces marchés, malgré la concurrence étrangère. Les sociétés cotées à la Bourse de Casablanca comme TGCC, SGTM ou Jet Contractors voient leurs carnets de commandes exploser, soutenant la performance de la bourse. Pour financer ces ambitions sans creuser le déficit (l’objectif est de le ramener à 3% du PIB), l’Exécutif a recours aux « financements innovants ». Fouzi Lekjaa, ministre délégué chargé du Budget, a confirmé la mobilisation de plus de 13 milliards de dollars à travers la vente et la location de biens immobiliers publics.
L’ombre du chômage persiste
Malgré ces chiffres flatteurs, l’économie marocaine n’a pas encore transformé l’épreuve sur le plan social. Le taux de chômage dépasse les 13% et atteint un niveau critique de 38% chez les jeunes. Une croissance de 5 % reste insuffisante : il faudrait atteindre un taux de 8 % et réussir la transition vers des industries à forte valeur ajoutée pour résorber ce chômage structurel et réduire la dépendance aux aléas climatiques. Dans ce contexte, Bank Al-Maghrib maintient une politique prudente, maintenant son taux directeur à 2,25% pour soutenir l’investissement tout en surveillant l’inflation qui est repartie à la baisse (-0,3% en novembre).