une alliance qui inquiète l’Algérie
Si un communiqué du ministère algérien des Affaires étrangères précise que les entretiens du chef de la diplomatie algérienne Ahmed Attaf avec son homologue chinois ont porté sur “les relations de coopération et de partenariat qui lient les deux pays, notamment l'évaluation des progrès réalisés dans la mise en œuvre des résultats de la visite d'Etat effectuée” par le président algérien, “en Chine au milieu de l'année dernière”, et que les deux responsables ont abordé “les différentes questions d'intérêt pour les deux pays dans la situation actuelle, notamment l'agression israélienne incessante contre la bande de Gaza, réaffirmant la nécessité de renforcer la coordination entre les délégations des deux pays au Conseil de sécurité de l'ONU en faveur de la cause palestinienne et pour la consécration des droits inaliénables et imprescriptibles du peuple palestinien”, le véritable les raisons de cette visite seraient ailleurs.
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“Le président algérien a été paniqué suite à l'annonce de plusieurs investissements chinois massifs au Maroc, voisin occidental tant diabolisé par le régime algérien qu'il considère comme son “premier ennemi”, apprend-on. Maghreb-Renseignements, précisant qu'Abdelmadjid Tebboune « a dépêché son chef de la diplomatie comme représentant personnel pour rencontrer les autorités chinoises dans le but de trouver des solutions à la non-réalisation de plusieurs investissements chinois qui devaient avoir lieu lors de son 1er mandat présidentiel. » Depuis 2022, les échanges commerciaux entre le Maroc et la Chine ont bondi de plus de 50%, pour atteindre un volume de 7,6 milliards de dollars. Concernant les investissements, Pékin a mis en œuvre plusieurs initiatives stratégiques sur le territoire marocain, dont l'émergence de la Cité industrielle technologique Mohammed VI Tanger, en passe de devenir un centre économique majeur. Par ailleurs, plus de 80 projets bénéficiant de financements chinois sont en cours dans le royaume. En 2023, le total des investissements chinois annoncés dans l’industrie automobile au Maroc a atteint environ 9,5 milliards de dollars.
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A Pékin, Ahmed Attaf s'est ainsi chargé de faire plusieurs propositions attractives aux partenaires chinois, parmi lesquelles la promesse de nombreux contrats publics aux entreprises chinoises en Algérie et la suppression de tous les obstacles bureaucratiques ou politiques. Une opération de séduction pour le voisin qui a perdu son statut de premier partenaire économique et commercial de la Chine en Afrique au profit du Nigeria, de l'Angola et de l'Egypte ou encore (bientôt) du Maroc. Selon les dernières statistiques douanières, les échanges commerciaux entre Alger et Pékin se sont élevés à environ 7,3 milliards de dollars en 2021 contre 12,3 milliards de dollars en 2017.