Le secret de la mandarine qui rapporte gros au Maroc
Nadorcott est né d’une graine de mandarine Murcott à l’Institut National de la Recherche Agronomique (INRA) au Maroc. Son brevet appartient à une société liée aux Domaines Agricoles, la holding qui gère les propriétés de la famille royale marocaine. Arrivée en Espagne à la fin des années 1990, cette variété s’est d’abord développée dans la Communauté valencienne avant d’être officiellement enregistrée comme variété végétale protégée en 2006 par Nadorcott protection SARL, rappelle Le débat.
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Depuis, tous les agriculteurs espagnols qui plantent des mandarines Nadorcott doivent payer des redevances à Carpa Dorada SL, qui détient les droits en Espagne. Les premiers exploitants payaient 7 euros par arbre. Mais aujourd’hui, le prix moyen tourne autour de 20 euros par plant, et « le chiffre d’affaires généré par ces arbres a atteint 45 euros par plant dans certains cas », selon des sources.
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Le Nadorcott est une variété très productive (entre 35 000 et 55 000 kilos par hectare contre 26 000 en moyenne pour les autres mandariniers). Il nécessite peu d’eau et son équilibre entre sucre et acidité séduit les consommateurs. En 2024, l’Espagne a produit 249 907,69 tonnes de Nadorcott, ce qui représente 14,39 % de tous les agrumes récoltés dans le pays et 34,16 % du total des mandarines. La production est principalement concentrée dans la Communauté valencienne, à Tarragone, à Murcie et en Andalousie. La récolte est commercialisée de janvier à avril. Le Portugal le cultive également, mais uniquement dans la région de Beja, précise-t-on.
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La licence de la mandarine Nadorcott prendra fin le 1er janvier 2030. A cette date, la variété marocaine tombera dans le domaine public et pourra être plantée librement. En attendant, le royaume continuera à percevoir ces redevances, tout en s’imposant face à la concurrence internationale, notamment l’Afrique du Sud, le Pérou et l’Egypte, qui cultivent également cette variété et concurrencent l’Espagne sur le marché mondial des agrumes.