une reconfiguration plus qu’une crise, selon les experts
Baisse des transactions, stabilité des prix, profondes transformations structurelles redéfinissant ses équilibres. Voilà à quoi ressemble le marché immobilier cette année. Selon les professionnels, ce tableau est loin de refléter une crise, il s’agit plutôt d’une reconfiguration du marché.
L’année 2025 est dominée par l’incertitude économique, mais cette situation a contribué, d’une certaine manière, à la résilience du secteur immobilier, explique l’expert immobilier et auteur du guide « Répons’IMMO », Amine Mernissi, dans un entretien au CARTEcitant l’indice des prix des actifs immobiliers. Celui-ci a montré une baisse des transactions de 30% au premier trimestre et de 21,2% au deuxième trimestre 2025, ainsi qu’une stagnation des prix.
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Pour l’expert, ce contraste entre volume et prix reflète « la résistance, voire la solidité des acteurs du secteur, ainsi que leur confiance dans un avenir meilleur à moyen terme ». La reconfiguration du marché immobilier impacte différemment tous les segments.
“L’immobilier de luxe constitue un marché spécialisé dont les clients sont prêts soit à y vivre, soit à investir dans la location. La demande existe et les prix continuent de croître, notamment dans les grandes villes considérées comme des choix d’investissement sûrs”, note Mernissi.
Parallèlement, le segment intermédiaire alimente principalement le marché existant, en raison d’une offre nouvelle insuffisante dans les centres urbains.
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Par ailleurs, le programme « Aide au logement », lancé en janvier 2024, a apporté de l’oxygène au logement social. “Les aides directes accordées aux primo-accédants (100 000 dirhams pour les logements coûtant moins de 300 000 dirhams et 70 000 dirhams pour ceux dont le prix est compris entre 300 000 et 700 000 dirhams) ont donné un élan important” au secteur, estime Mernissi.
L’expert a également analysé la relation entre l’offre et la demande. Il s’avère qu’il n’existe pas un seul marché immobilier au Maroc. “Chaque ville a son parcours et sa situation économique spécifique. Il ne faut donc pas généraliser, car cela pourrait nuire à la qualité de l’analyse”, explique-t-il.
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Seuls les chiffres de l’indice des prix des actifs immobiliers du troisième trimestre 2025, que Bank Al-Maghrib (BAM) et l’Agence nationale de la conservation du foncier, du cadastre et de la cartographie publieront prochainement, « seront déterminants pour apprécier la trajectoire réelle du secteur et savoir si la tendance baissière observée est en voie de s’atténuer, de se stabiliser ou au contraire susceptible de perdurer. »