un vaste réseau démantelé entre Casablanca, Paris et Bruxelles
Des sociétés d’importation régulièrement enregistrées, à jour auprès du fisc et produisant des bilans transparents, servaient de couverture à un système de transferts illégaux. Ces entreprises déclarent importer des pièces automobiles, du matériel médical ou du matériel industriel. Mais en réalité, il s’agissait de sociétés écrans utilisées pour transférer des capitaux à l’étranger, au travers de transactions commerciales fictives avec des partenaires établis en France et en Belgique. Les montants transférés dépassent les 90 millions de dirhams, indiquent des sources Hespress.
Lire : Maroc : Des millions détournés dans un réseau de trafic de devises
Les inspecteurs des douanes et des changes ont découvert l’existence de circuits bien établis reliant Casablanca, Paris et Bruxelles, avec des intermédiaires basés en Europe qui fournissaient les documents nécessaires, notamment des factures, des autorisations d’importation et des bons de livraison, pour dissimuler les transferts. Les services de contrôle marocains ont mené ces investigations avec la collaboration des services douaniers et financiers européens et d’Europol.
Lire : Trafic de devises au Maroc : l’Office des changes enquête
Pour éviter d’éveiller les soupçons, les entreprises ont transféré de petites sommes. Plusieurs personnes impliquées dans ce réseau ont été identifiées. Certains d’entre eux, possédant la double nationalité, auraient créé des sociétés à l’étranger pour faciliter ces transferts illégaux. D’autres ont limité leurs déplacements en Europe, préférant des destinations plus sûres comme les pays du Golfe ou les États d’Afrique subsaharienne pour échapper aux enquêteurs. Les investigations ont également révélé des écarts importants entre les montants déclarés au Maroc et les transactions réellement réalisées à l’étranger.