Le Maroc en position de force face à un Polisario « abandonné » et sans ressources
Cette résolution de l’ONU donne carte blanche au Maroc qui, depuis la Marche verte, a réussi à étendre sa souveraineté sur le Sahara et, depuis 1991, à conserver le contrôle de 80 % des 266 000 km² couverts par cette ancienne colonie espagnole. Avec le soutien des Etats-Unis qui lui fournissent des équipements militaires avancés, Rabat dispose d’une large supériorité militaire sur le Polisario qui tente en vain de prendre l’avantage.
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Politiquement, le Maroc a également une longueur d’avance. Sous l’impulsion du roi Mohammed VI, les autorités ont réussi à rassembler les différentes sensibilités du royaume autour de la marocanité du Sahara. A cela s’ajoutent des investissements accrus dans les provinces du sud, visant à attirer les investisseurs et à offrir de meilleures conditions de vie aux Sahraouis. Sans ressources économiques suffisantes et abandonné politiquement, le Polisario n’a ni les moyens ni la capacité de répondre aux besoins et aux attentes politiques des Sahraouis, analyse Institut Réel El Cano.
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Sur le plan diplomatique, le Polisario ne fait pas non plus le poids face au Maroc. Sa position au sein de l’Union africaine s’est affaiblie au fil du temps, tandis que celle du Maroc s’est renforcée, notamment depuis 2017 lorsque ce dernier a décidé d’adhérer à l’organisation. Sur le plan international, Rabat bénéficie du soutien de Washington, Paris, Madrid, Londres et Berlin, qui ont déjà reconnu sa souveraineté sur le Sahara. La République arabe sahraouie démocratique (RASD), quant à elle, n’est actuellement reconnue que par 47 pays.
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La résolution sur le Sahara en faveur du Maroc a été votée par 11 pays, tandis que la Russie et la Chine (ainsi que le Pakistan) se sont abstenues. L’Algérie, membre du Conseil de sécurité cette année, a choisi de ne pas participer au vote, exprimant ainsi son désaccord. Avec cette résolution, le Maroc pourrait étendre davantage sa souveraineté sur ce territoire, alors même que la Cour internationale de Justice avait déjà établi en 1975 qu’il n’existait aucun lien de souveraineté marocaine sur ce territoire et que la Cour de justice de l’Union européenne avait clairement indiqué en 2024 qu’il s’agissait d’un territoire « séparé et distinct » du Maroc.