malgré les attentes, la livraison du projet jugée « irréaliste » avant 2030
Si cette actualisation a ravivé les attentes des députés de la région, qui réclament une mise en œuvre rapide pour lever l’isolement économique de Tétouan et stimuler les échanges commerciaux au nord, les experts du secteur tempèrent cet enthousiasme en jugeant irréaliste la livraison des infrastructures avant 2030.
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Le scepticisme des spécialistes repose sur la complexité incompressible des démarches techniques et administratives nécessaires au lancement d’un tel projet. La première étape, constituée d’études topographiques et géotechniques visant à définir le tracé et à évaluer la nature des sols, nécessite à elle seule une durée d’au moins six mois. Cette phase est suivie par l’établissement du budget global et surtout par les procédures d’expropriation. Paradoxalement, les experts soulignent que si les terres privées suivent un processus relativement rapide, ce sont les terres domaniales qui nécessitent des procédures longues et complexes.
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À ces délais incompressibles s’ajoutent ceux liés à la sélection de l’entreprise d’exécution, étape cruciale qui nécessite plusieurs mois pour lancer l’appel d’offres et évaluer les candidats afin de garantir le respect des normes techniques. Enfin, la construction proprement dite de l’autoroute nécessiterait au moins deux années de travaux rigoureux. L’accumulation de ces étapes amène les observateurs à conclure que, malgré les pressions politiques pour une ouverture rapide, l’achèvement du projet avant l’échéance de 2030 semble loin d’être une réalité pratique.