Human Rights Watch dénonce le lourd bilan social de la fête
C’est le revers de la médaille que les projecteurs des stades ne peuvent plus cacher. Alors que le Maroc s’apprête à vibrer au rythme du football à partir du 21 décembre, la réalité sociale du pays rattrape les festivités. Vincent Sima Olé, coordinateur à Human Rights Watch (HRW), met en avant une situation alarmante : l’organisation du tournoi se ferait au détriment direct des citoyens. Le bilan est brutal : au moins trois morts, des centaines de blessés et un millier de personnes toujours emprisonnées, dont 330 enfants, suite aux manifestations du mouvement « GenZ 212 » lancée fin septembre.
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Ce bras de fer social marque la fin de l’acceptation aveugle des grands événements sportifs. Les milliards engloutis dans les infrastructures, notamment le futur grand stade de Casablanca pour la Coupe du monde 2030, passent mal par une population exigeant des services publics décents. Le slogan des manifestants, “Nous voulons des hôpitaux, pas des stades”, résonne comme un désaveu d’une politique où les dépenses de santé sont plafonnées à 2,3% du PIB, bien loin des standards internationaux. La réponse des autorités a été musclée : HRW a documenté des scènes de véhicules de police se précipitant sur la foule à Oujda et des condamnations allant jusqu’à quinze ans de prison.
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Face à cette impasse, l’ONG appelle à un changement de paradigme pour l’avenir. Elle appelle la CAF et la FIFA à rompre leur silence, perçu comme un chèque en blanc. Si Patrice Motsepe, patron du football africain, promet « d’organiser la CAN la plus réussie de l’histoire », HRW rappelle que le succès ne peut se mesurer uniquement par les revenus, mais doit inclure le respect des droits de l’homme. Les lettres envoyées aux autorités en octobre sont restées lettre morte, mais le message est clair : le football ne peut plus être une zone de non-droit.