une banque marocaine sous forte pression
Les contrôleurs ont identifié des défaillances humaines et procédurales. Selon le quotidien Assabacertains responsables d’agence n’ont pas respecté les protocoles de vigilance obligatoires lors de l’ouverture des comptes. Résultat : les profils des clients et l’origine de leurs fonds n’ont pas été vérifiés avec la rigueur requise par la loi, laissant la porte ouverte à des flux financiers potentiellement illicites.
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L’audit a notamment identifié deux questions brûlantes. Il s’agit de comptes recevant des transferts financiers massifs pour lesquels aucune information fiable sur les titulaires n’a été trouvée. Face à ces « forts soupçons », la banque a immédiatement contacté la Commission nationale de renseignement financier. En interne, les salariés chargés de gérer ces dossiers sont sur la sellette et ont été invités à s’expliquer avant d’éventuelles sanctions.
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Ces négligences pourraient coûter cher à l’établissement. Bank Al-Maghrib (BAM) impose une surveillance stricte et des audits annuels sur les risques de blanchiment d’argent et de financement du terrorisme. Le gendarme des banques ne plaisante pas avec ces règles : lors de précédentes missions de contrôle, BAM avait déjà pris des mesures en prononçant dix mesures disciplinaires et onze amendes financières à l’encontre de neuf banques et sociétés de financement pour des manquements similaires.