deux nouveaux ports géants pour dupliquer le succès de Tanger Med
Le calendrier est fixé. Dans des déclarations faites à l’agence Reuters, le ministre de l’Equipement et de l’Eau, Nizar Baraka, a confirmé la mise en service imminente de deux infrastructures stratégiques. Le port de Nador West Med, actuellement en construction sur la Méditerranée, démarrera ses opérations au second semestre 2026. Il sera suivi, en 2028, par le port de Dakhla Atlantique au Sahara.
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Avec ces livraisons, le Maroc disposera bientôt de quatre ports en eau profonde, ces deux nouveaux venus s’ajoutant à Tanger Med et au port industriel de Jorf Lasfar. Cette expansion vise à reproduire le modèle économique de Tanger Med, véritable moteur de développement qui abrite aujourd’hui 1 400 entreprises et emploie 130 000 personnes dans des secteurs de pointe comme l’automobile et l’aéronautique.
Nador West Med : Un hub énergétique et logistique
Considéré comme le troisième port en eau profonde du pays, Nador West Med s’annonce comme un concurrent sérieux dans le détroit de Gibraltar. Sa capacité prévue se situe entre 3,5 et 5,5 millions de conteneurs par an, volumes comparables à ceux du port d’Algésiras. Des accords opérationnels ont déjà été signés avec des géants du transport maritime, dont CMA CGM, garantissant un volume de 3 millions de conteneurs par an.
Au-delà du conteneur, Nador sera un pilier de la souveraineté énergétique marocaine. Le site accueillera le premier terminal de gaz naturel liquéfié (GNL) du Royaume, sous la forme d’une unité flottante de stockage et de regazéification (FSRU). Cette infrastructure sera reliée par gazoduc aux centres industriels du nord-ouest. Le port disposera d’une zone industrielle de 800 hectares, avec des projets d’extension jusqu’à 5 000 hectares.
Pour assurer sa connectivité, le projet bénéficie de plus de 300 millions d’euros de financement européen. Ce budget soutient l’amélioration des liaisons terrestres, notamment une nouvelle autoroute Guercif-Nador et la modernisation du périphérique méditerranéen (route 16).
Dakhla Atlantique : La porte du Sahel
Sur la façade atlantique, le futur port de Dakhla se distingue par ses caractéristiques techniques impressionnantes. Avec un tirant d’eau de 23 mètres – le plus grand du pays – il est conçu pour accueillir les industries lourdes. Ce projet, qui représente un investissement de 12,4 milliards de dirhams, couvre une superficie totale de 1.650 hectares.
Dakhla Atlantique incarne la vision royale de l’Initiative Atlantique, se positionnant comme une porte d’entrée vers les marchés mondiaux pour les pays enclavés du Sahel. Le complexe comprend une zone industrielle de 1 600 hectares ainsi qu’une zone agricole de 5 200 hectares irriguée par de l’eau dessalée. Le projet suscite déjà l’intérêt des investisseurs américains, français et espagnols, notamment des îles Canaries.
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Ces nouvelles plateformes ne se contentent pas de gérer le trafic actuel ; ils préparent l’avenir énergétique. Tant à Nador qu’à Dakhla, des quais spécifiques seront dédiés à l’exportation de l’hydrogène vert dès que la production atteindra une échelle commerciale. Dans le même esprit, le ministre Baraka a révélé que des études sont en cours pour la construction potentielle d’un autre port à Tan-Tan, en partenariat avec des investisseurs du secteur de l’hydrogène.