ce qui se cache encore dans le dossier judiciaire le plus mystérieux du Maroc
Pour la Commission, l’affaire Thami Bennani restera gravée comme l’une des pages les plus douloureuses de l’histoire judiciaire du pays. Depuis 2007, date de l’enlèvement, du meurtre et de la mutilation présumée du jeune homme, aucune réponse définitive n’a été apportée quant à la localisation de sa dépouille. Ce silence insupportable a transformé l’affaire en souffrance perpétuelle pour la famille, dont le père est mort de chagrin et de maladie sans pouvoir dire au revoir à son fils ni connaître son sort.
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L’organisme des droits de l’homme n’hésite pas à parler de « manipulations » visant à étouffer la vérité. Elle souligne que la procédure a failli être classée sans suite avant d’être délibérément supprimée pendant de nombreuses années, alimentant les soupçons d’une volonté de protéger les enfants de hauts fonctionnaires. La Commission dénonce la mystérieuse disparition de documents officiels, ainsi que les pressions exercées sur la défense et les témoins, laissant entendre que la justice a été entravée pour garantir l’impunité de certains.
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Le communiqué soulève également des détails macabres qui entachent l’enquête. La famille aurait été dirigée vers une fausse tombe contenant, après expertise, le corps d’une femme n’ayant aucun lien avec la victime. Plus inquiétant encore, les vêtements de la victime auraient été lavés par un médecin – une violation flagrante des procédures de conservation des preuves – et des questions subsistent sur la disparition d’organes vitaux (cœur, foie, reins), laissant planer le doute sur un éventuel trafic ou destruction de preuves.
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Face à ces zones d’ombre, la Commission exige une réouverture complète et courageuse du dossier. Elle exige des réponses claires sur les responsabilités de chacun dans la dissimulation du corps et la destruction des preuves, affirmant que l’affaire Benanni est devenue un miroir des limites de l’influence face à la loi. L’organisation prévient qu’elle ne restera pas silencieuse tant que la dignité du citoyen et la primauté de la loi ne seront pas restaurées.