Les Marocains se plaignent moins, mais restent frustrés
Le thermomètre de la colère administrative affiche une légère baisse, mais la fièvre persiste. Avec plus de 163 000 dossiers déposés via la chaîne numérique nationale au cours de l’année écoulée, les citoyens continuent d’utiliser massivement leur droit de recours. Selon les données officielles, les entreprises et établissements publics sont les moins performants, avec à eux seuls près de 94 000 plaintes, loin devant les ministères (45 000) et les collectivités locales (15 000).
Si l’administration fait des efforts pour être réactive avec un délai moyen de traitement réduit à 16 jours et un taux de réponse de 66%, la qualité de la solution apportée divise : près de 42% des plaignants ne sont pas satisfaits de l’issue de leur dossier, et plus de 14 000 plaintes ont dû être rouvertes faute de réponse convaincante.
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Sur le long terme, la tendance est à la baisse après l’explosion des chiffres lors de la crise sanitaire de 2020 (658 000 réclamations). Le volume 2025 marque une baisse par rapport à 2023 (186 000) et 2024 (177 000), stabilisant l’usage de la plateforme lancée en 2018. Cependant, au-delà des statistiques, la question de l’efficacité réelle de ce guichet unique reste posée. Face à 1 747 administrations connectées, de nombreux citoyens s’interrogent encore sur l’impact concret de leurs doléances et sur la capacité de ce système à véritablement changer la charge bureaucratique sur le terrain.