l’opération de la dernière chance pour éviter une marée noire
Le Chariot Tide, un pétrolier de 195 mètres de long battant pavillon du Mozambique, était coincé dans les eaux sous contrôle marocain. Ce bâtiment est considéré par les spécialistes comme « l’un des meilleurs exemples de ce qu’est un tanker zombie ou un tanker fantôme » car il figure sur les listes de sanctions de l’Union européenne et du Royaume-Uni. Avec « un taux de perte de 42 % », le navire est qualifié de « bombe à retardement environnementale » transportant une cargaison de 425 000 barils de produits raffinés russes.
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Le pétrolier s’est retrouvé « à la dérive, apparemment sans manœuvre (NUC, Not Under Command), dans la voie sud du TSS du détroit de Gibraltar ». Cette situation a incité l’Espagne à positionner le navire de sauvetage Luz de Mar en renfort, tout en restant à distance pour éviter des complications juridiques. Une intervention directe des autorités espagnoles pourrait entraîner la saisie du navire pour violation des sanctions internationales. Avant l’arrivée des secours marocains, le pétrolier avait une vitesse de seulement 0,6 nœuds et son état était officiellement indiqué comme « à la dérive ».
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Les autorités doivent maintenant décider si VB Spartel dirigera le bâtiment vers Tanger Med ou vers une zone située en dehors des couloirs de circulation. Certains observateurs soupçonnent que les produits pétroliers à bord pourraient tenter d’entrer sur le marché européen « via Gibraltar, Algésiras ou des barges de ravitaillement, sous couvert de documents d’exportation marocains ». L’opération se poursuit sous étroite surveillance afin d’éviter tout risque de pollution marine et de rétablir la fluidité du trafic dans cette zone stratégique.