Attention aux fausses dates « marocaines »
La filière marocaine des dattes traverse une zone de turbulences à quelques semaines du début du mois de Ramadan, prévu le 17 mars 2026. L’instauration, en janvier dernier, de l’autorisation préalable obligatoire à l’importation a entraîné une hausse significative des prix sur le marché national. Selon la Fédération marocaine de commercialisation et de valorisation des dattes, ce nouveau cadre réglementaire vise à réguler les flux extérieurs pour éviter les excédents massifs qui ont déstabilisé le produit local les saisons précédentes.
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Le président de la Fédération justifie cette fermeté par la nécessité de préserver la récolte nationale face à un afflux incontrôlé de marchandises étrangères. Mais cette pénurie passagère d’approvisionnement a fait bondir les prix, notamment pour les dattes en provenance de Tunisie, dont le coût par carton est passé de 100 à 125 dirhams. Les professionnels du secteur anticipent une relative stabilisation avec l’arrivée imminente de nouvelles actions égyptiennes et tunisiennes, même si les prix de détail restent élevés à l’approche de la période de pointe de consommation.
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Au-delà de la pression sur les prix, le marché est confronté à des pratiques frauduleuses en matière d’étiquetage. Les distributeurs signalent que les variétés importées, notamment d’Égypte, sont fréquemment reconditionnées et commercialisées sous l’étiquette marocaine, en omettant les mentions légales et le pays d’origine. Dans le même temps, la production nationale souffre de carences structurelles en termes de stockage et de constitution de coopératives, ce qui pousse paradoxalement certains opérateurs à privilégier les importations pour garantir la continuité de l’approvisionnement et la régularité de la qualité.
A l’approche du mois sacré, le prix au kilo dépasse désormais les 30 dirhams dans les magasins de détail, un seuil critique qui pourrait freiner la demande. Les professionnels craignent un arbitrage budgétaire de la part des ménages marocains, qui recherchent un équilibre de plus en plus difficile entre la qualité du produit et un prix raisonnable.