Pourquoi les dates deviennent un luxe cette année au Maroc
Les étals marocains affichent une baisse significative de l’offre de dattes étrangères, conséquence directe du maintien des restrictions à l’importation. Selon des sources professionnelles citées par Hespress, le système de quotas imposé par les autorités a créé un « blocage » dans les ports, pénalisant les petits grossistes au profit des grandes entreprises et limitant drastiquement les volumes disponibles. Cette réglementation, censée protéger la production nationale, intervient à un moment où les importateurs hésitent à constituer massivement des stocks face à l’incertitude administrative.
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Paradoxalement, la production locale ne peut combler ce vide ni réguler les prix. Dans les régions productrices du Sud-Est, comme Zagora et Errachidia, les oasis subissent les effets dévastateurs d’une sécheresse aiguë qui a raréfié des variétés prisées comme le « Boufeggous ». Contrairement aux rumeurs d’abondance, les prix des dattes marocaines ont grimpé en flèche, certaines variétés ordinaires passant de 15 à plus de 50 dirhams le kilo en raison de la pénurie.
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Cette tension sur l’offre affecte également les produits importés encore disponibles. Le prix de certaines références, comme la datte irakienne « Zahedi », a doublé par rapport à l’année dernière, enregistrant une hausse moyenne d’environ huit dirhams le kilo. Les commerçants préviennent que la pénurie actuelle pousse les niveaux de prix vers de nouveaux sommets, rendant la commercialisation difficile et la concurrence presque impossible pour les petits détaillants.
La situation encourage également des pratiques spéculatives inquiétantes. Les distributeurs dénoncent la vente d’anciens stocks datant de la récolte 2024, vendus à des prix élevés comme étant issus de la nouvelle saison, notamment pour la variété « Mejhoul ». Face à ce “manque de contrôle”, les acteurs du secteur réclament une accélération urgente des procédures d’importation et un contrôle accru pour assurer la transparence des transactions et protéger le pouvoir d’achat des consommateurs avant le début du jeûne.