Le géant Maersk abandonne l’Europe pour le Maroc
L’armateur a révélé dans son rapport annuel que l’obligation d’acquérir des droits d’émission (ETS) entraînait un surcoût opérationnel important. “Les coûts du carburant ont été affectés négativement par les coûts de l’EU ETS, qui ont augmenté de 96 % par rapport à 2024”, a indiqué la direction. Ce bilan climatique a poussé le groupe à reconfigurer ses nœuds logistiques en faveur des zones portuaires situées en dehors de l’espace communautaire.
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Dans cette nouvelle architecture, Tanger-Med s’impose comme le principal bénéficiaire du réseau « Gemini Coopération », mené avec Hapag-Lloyd. Le port marocain fait désormais office de terminal hub exclusif pour relier l’Asie à l’Europe du Nord, reléguant au second plan des sites comme Algésiras. Le rapport souligne que ce transfert de flux est dicté par la nécessité d’optimiser les routes face à une réglementation européenne accrue.
Le Maroc joue également un rôle de premier plan dans la décarbonation du groupe. Maersk a augmenté sa consommation d’électricité renouvelable à 62%, une augmentation « principalement due à l’obtention d’un contrat d’achat d’énergie couvrant nos terminaux au Maroc ». Les investissements verts se concentrent sur les sites APM Terminals Tanger TC1 et MEDPort Tanger, alors qu’aucun projet de cette envergure n’est évoqué pour les installations espagnoles voisines.
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Ces ajustements interviennent alors que le résultat opérationnel (EBIT) du groupe est tombé à 3,5 milliards de dollars en 2025. La volatilité du marché, accentuée par le détournement des navires via le cap de Bonne-Espérance en raison des tensions en mer Rouge, a accru la pression logistique en Méditerranée occidentale, renforçant la pertinence stratégique des terminaux marocains au détriment des ports européens.