Livraisons de ciment en baisse de 15,81% à fin février 2026 selon l’APC
Secteur du ciment au Maroc : livraisons en recul de 15,81% à fin février 2026
Le secteur du ciment recule de 15,81% à fin février 2026 : 2,09 millions de tonnes contre 2,49 millions de tonnes en 2025. Climat, demande et perspectives pour l’industrie.
Le secteur du ciment enregistre un démarrage 2026 morose, avec une baisse nette des livraisons des membres de l’Association Professionnelle des Cimentiers (APC). À la fin février 2026, les volumes distribués totalisent 2,09 millions de tonnes, contre 2,49 millions de tonnes à la même période de 2025, soit un recul de 15,81%. Le retournement affecte les acteurs industriels et la chaîne de valeur du bâtiment, déjà sensibles aux variations saisonnières et à l’évolution de la demande intérieure.
Livraisons en recul à fin février 2026
Le chiffre de 2,09 millions de tonnes matérialise une contraction significative de l’activité commerciale au début de l’année. La baisse de 15,81% reflète une diminution tant des ventes locales que des opérations logistiques liées aux chantiers. Le phénomène intervient alors que les capacités de production installées restent globalement stables, ce qui met la pression sur les taux d’utilisation des usines et sur la rotation des stocks.
Facteurs climatiques et ralentissement de la demande
Le contexte climatique, évoqué par les acteurs du secteur, a pesé sur la reprise des chantiers et sur la cadence des projets de construction. Des conditions météorologiques défavorables retardent les travaux de terrassement et de gros œuvre, réduisant ainsi les besoins immédiats en ciment. En parallèle, la demande domestique montre des signes de ralentissement, liés à une moindre activité du segment résidentiel et à des ajustements temporaires sur certains marchés régionaux.
Conséquences pour la production et la logistique
La contraction des livraisons a des répercussions opérationnelles : diminution des taux de charge dans certaines cimenteries, révision des calendriers de maintenance et adaptation des flux logistiques. Les transporteurs et les plateformes de distribution doivent recalibrer les rotations. Cette situation accroît également la sensibilité aux coûts fixes et peut conduire à des ajustements temporaires des cycles de production pour limiter les pertes opérationnelles.
Réactions des cimentiers et mesures possibles
Face à la baisse des volumes, les cimentiers peuvent actionner plusieurs leviers : optimisation des lignes de production, réduction ciblée des coûts variables, report de certains investissements et renforcement des actions commerciales pour stimuler la demande. Le redéploiement vers des marchés d’exportation saisonniers ou la promotion de produits à plus forte valeur ajoutée figurent parmi les options mises en avant par les acteurs pour compenser la baisse des ventes domestiques.
Impact sur les prix et sur la filière BTP
Un recul soutenu des livraisons peut exercer une pression à la baisse sur les prix à moyen terme, mais l’effet dépendra de la réaction conjointe de l’offre et de la demande. Pour la filière BTP, la moindre disponibilité de chantiers actifs entraîne un ralentissement des commandes de matériaux connexes (sable, gravier, acier). Les entreprises de construction pourraient temporiser des projets non urgents, tandis que les grands chantiers publics et ceux bénéficiant de financements stabilisés devraient continuer à soutenir une partie de la demande.
Perspectives pour le reste de 2026
L’évolution du marché dans les prochains mois dépendra de plusieurs facteurs : l’amélioration des conditions climatiques, la relance des travaux de construction privés et publics, et la capacité des cimentiers à ajuster leur offre. Le calendrier des projets d’infrastructures et la mise en œuvre d’initiatives de relance pourront jouer un rôle déterminant pour redresser les volumes. La volatilité saisonnière restant un élément structurel du secteur, la surveillance rapide des indicateurs de commande et des stocks sera cruciale pour anticiper les ajustements nécessaires.
Le début d’année met en exergue la vulnérabilité du marché aux chocs climatiques et à la variation de la demande. Les prochains trimestres offriront une meilleure lecture des tendances structurelles : un redressement dépendra autant des conditions externes que des décisions stratégiques prises par les cimentiers et les donneurs d’ordre du secteur de la construction.