Maroc vise 3 GW solaires d’ici 2028 et accélère l’hydrogène vert
Maroc accélère sa stratégie énergétique : objectif 60% d’ENR et 3 GW solaire d’ici 2028
Maroc vise 60% d’énergies renouvelables en 2030, 3 GW solaire d’ici 2028 et un plan ambitieux d’hydrogène vert de 20 GW pour décarboner les transports.
Le Maroc déploie une stratégie nationale de l’énergie structurée autour de trois axes : développement des énergies renouvelables, amélioration de l’efficacité énergétique et intégration régionale via des corridors énergétiques. Le pays maintient des objectifs ambitieux à horizon 2030, avec une cible officielle de 52 % de capacité installée issue d’énergies renouvelables — un seuil désormais considéré comme susceptible d’être dépassé, les prévisions internes évoquant plutôt un taux proche de 60 %. À court terme, le solaire photovoltaïque et thermique est appelé à jouer un rôle central, avec un objectif concret de 3 GW de capacité solaire installée d’ici 2028.
Capacités actuelles et poids du solaire
La capacité électrique totale installée du Royaume atteint environ 12,2 GW, dont les énergies renouvelables représentent près de 5,6 GW, soit environ 46 % de la capacité installée. Toutefois, la production électrique issue du solaire reste limitée : la puissance produite spécifiquement par le solaire est d’environ 1 063 MW, représentant 19 % de la production électrique totale provenant des renouvelables et environ 27 % de la production nationale liée aux ENR. Ces chiffres soulignent l’écart entre le potentiel solaire du pays et sa part actuelle dans le mix électrique.
Objectif 3 GW d’ici 2028 et Solar Rooftop 500
L’un des jalons à court terme est l’accélération du solaire sur toitures et des petites installations photovoltaïques. Lors du lancement officiel de l’initiative Solar Rooftop 500, les autorités ont confirmé la volonté d’atteindre 3 GW de capacité solaire installée d’ici 2028. Le marché résidentiel et commercial manifeste un intérêt marqué pour les solutions PV couplées à des systèmes de stockage par batteries, jugées à la fois simples et compétitives. Ce mouvement devrait favoriser la démocratisation de l’autoconsommation et réduire la dépendance aux importations d’énergie pour les consommateurs et les entreprises.
Pipeline hydrogène vert : investissements et créations d’emplois
La deuxième composante majeure du plan est la production à grande échelle d’hydrogène vert destinée à la décarbonation des transports (routiers, aérien et maritime) et à la production d’intrants chimiques (ammoniac, méthanol, e-fuels). Sept investisseurs ont été sélectionnés pour constituer la première phase du pipeline ; leurs engagements prévoient un investissement total d’environ 37 milliards de dollars. Le projet mobilisera 20 GW d’énergies renouvelables, dont 10 GW destinés aux électrolyseurs, et vise une production annuelle de l’ordre de 8 millions de tonnes d’hydrogène vert et de ses dérivés. Les retombées attendues en termes d’emplois sont significatives : près de 37 000 postes durant la construction et environ 10 000 emplois en phase d’exploitation.
Rôle de l’efficacité énergétique et intégration régionale
La stratégie nationale ne se limite pas à l’augmentation des capacités renouvelables : l’efficacité énergétique est présentée comme un levier essentiel pour réduire la demande et optimiser l’usage des ressources. Parallèlement, le Maroc mise sur l’intégration régionale électrique par le développement de corridors énergétiques, qui devraient faciliter les échanges transfrontaliers et renforcer la sécurité d’approvisionnement. Ces corridors sont aussi envisagés comme un vecteur pour exporter de l’électricité et des produits dérivés de l’hydrogène vers des marchés européens et africains.
Risques, défis et perspectives de déploiement
Les objectifs affichés posent plusieurs défis opérationnels et réglementaires. La montée en charge rapide du solaire et de l’hydrogène nécessitera des investissements massifs dans les réseaux, des capacités de stockage accrues et une coordination étroite entre acteurs publics et privés. La disponibilité des financements, la formation des compétences locales et la mise en place de cadres incitatifs adaptés seront déterminantes. Enfin, la compétitivité des filières dépendra de l’évolution des coûts des technologies et des conditions de marché internationales.
L’accélération de la transition énergétique au Maroc combine ambitions de capacité installée, plans de production d’hydrogène vert à grande échelle et mesures d’efficacité. Si les cibles à court terme — 3 GW solaire en 2028 et une part de renouvelables se rapprochant de 60 % en 2030 — sont atteintes, le pays pourrait renforcer son rôle de hub régional pour les énergies propres et créer une filière industrielle et d’exportation significative autour de l’hydrogène vert.