Fermeture du terminal de Rafah bloque les évacuations médicales vitales depuis Gaza
Fermeture du passage de Rafah empêche des évacuations médicales vitales pour des patients à Gaza
Fermeture du passage de Rafah le 28 février 2026 a annulé des évacuations médicales, laissant des nourrissons, malades chroniques et milliers de patients en liste d’attente et en danger.
Le 28 février 2026, la fermeture du point de passage de Rafah a interrompu une évacuation médicale attendue pour Alma, un nourrisson de moins de cinq mois dépendant d’un apport continu en oxygène. La petite devait partir le 1er mars 2026 vers la Jordanie pour une opération visant à retirer un kyste pulmonaire, intervention jugée indispensable par ses médecins. La suspension soudaine des passages, motivée par des raisons de sécurité et décidée la veille du départ, a laissé la famille dans l’incertitude et a remis en cause l’accès aux soins pour des milliers d’autres patients.
Evacuation médicale avortée à Rafah
La famille d’Alma avait préparé les documents et le sac de voyage lorsque la décision de fermer Rafah est tombée, annulant le transfert. L’hôpital Nasser de Khan Younis, où la fillette est soignée depuis plus de trois mois, n’a ni les ressources ni les capacités pour effectuer l’opération requise. Les médecins ont alerté que, sans cette intervention à l’étranger, l’état du nourrisson pourrait se détériorer rapidement. La fermeture est intervenue simultanément avec une opération militaire internationale évoquée par les autorités, ce qui a été avancé comme motif de sécurité pour restreindre les passages.
Alma, nourrisson dépendant de l’oxygène
Alma, hospitalisée en soins intensifs à plusieurs reprises au cours du dernier mois, dépend d’un appareil pour respirer. Sa mère, Lama Abu Reida, se tient à son chevet jour et nuit et décrit un état « extrêmement fragile » si l’oxygène venait à manquer. Les professionnels de santé qui ont examiné l’enfant estiment que l’intervention chirurgicale à l’étranger, bien que non excessivement risquée, reste la seule option viable pour lui permettre une vie normale. Le report indéfini du transfert place la famille dans une situation d’angoisse permanente.
Décès de deux enfants après la fermeture
La fermeture des passages évoque un précédent tragique pour d’autres familles. Hadeel Zorob a perdu deux de ses enfants — son fils Sohaib, âgé de six ans, décédé le 1er mars 2025, et sa fille Lana, morte le 18 février 2025 — alors que des démarches pour leur évacuation médicale étaient en cours. Les deux enfants souffraient d’une maladie génétique dégénérative et attendaient des soins à l’étranger. Zorob rapporte que les interruptions répétées des passages et l’effondrement des services médicaux ont accéléré la dégradation de leur état, privant la famille de traitements et de médicaments essentiels.
Listes d’attente et statistiques du ministère
Selon les chiffres communiqués par les autorités sanitaires de Gaza, plus de 20 000 patients attendent une autorisation de voyage pour recevoir des soins à l’étranger. Parmi eux figurent environ 4 000 personnes atteintes de cancer nécessitant des traitements spécialisés, près de 4 500 enfants et quelque 440 cas identifiés comme « vitaux » requérant une intervention urgente. Près de 6 000 personnes blessées figurent également sur les listes d’attente. Ces volumes illustrent l’ampleur des besoins médicaux que les infrastructures locales ne parviennent plus à absorber.
Patients atteints de cancer bloqués par la fermeture
Le cas d’Amal al-Talouli, 43 ans et atteinte d’un cancer du sein évolutif, illustre l’impact sur les malades chroniques. Al-Talouli, dont la maladie s’est étendue à la colonne vertébrale, était inscrite sur une liste d’attente pour partir se faire traiter hors de Gaza. La fermeture des passages et la pénurie généralisée de médicaments et de personnel médical ont considérablement réduit ses chances de recevoir des soins adaptés. Elle signale une aggravation de la malnutrition, des effets secondaires non traités liés à la chimiothérapie et des difficultés logistiques liées aux déplacements et à la perte de son logement.
Conséquences humanitaires et demandes des familles
Les associations locales et les familles appellent à la réouverture durable des points de passage pour permettre les évacuations médicales et l’acheminement de médicaments et d’équipements. Les témoignages recueillis décrivent des situations où des décisions administratives ou de sécurité sont vécues comme des barrières qui coûtent des vies. Les proches des patients expriment une urgence humanitaire : faciliter la circulation des malades, prioriser les cas critiques et garantir l’acheminement de fournitures médicales.
Les fermetures répétées des passages, combinées à la dégradation des services de santé sur place, mettent en péril des patients dont l’accès à des interventions de routine ou spécialisées dépend d’un transfert vers l’étranger. Les familles demandent des mesures pérennes pour assurer que les évacuations médicales puissent se dérouler sans interruption, afin d’éviter d’autres drames humains similaires à ceux déjà survenus.