Bank Al-Maghrib maintient le taux directeur à 2,25% et prône la prudence
Bank Al-Maghrib maintient le taux directeur à 2,25% et appelle à la prudence face aux risques géopolitiques
Bank Al-Maghrib maintient le taux directeur à 2,25% et crée une cellule de suivi. Jouahri insiste sur prudence face aux risques géopolitiques, énergie et crypto
Le gouverneur de Bank Al-Maghrib, Abdellatif Jouahri, a annoncé le 19 mars 2026 le maintien du taux directeur à 2,25%, en insistant sur la nécessité d’une politique monétaire prudente et réactive. Dans un contexte international marqué par la guerre au Moyen-Orient et une forte incertitude sur les prix de l’énergie, la banque centrale met l’accent sur la défense des équilibres macroéconomiques, la préparation de scénarios de crise et la surveillance rapprochée des développements financiers, y compris les cryptoactifs et l’évolution des moyens de paiement électroniques.
Taux maintenu à 2,25% et message de prudence
Bank Al-Maghrib a confirmé le maintien de son taux directeur à 2,25%. Le gouverneur a justifié cette décision par la conjoncture internationale incertaine et par la volonté de préserver la stabilité des prix et la résilience de l’économie nationale. Jouahri a rappelé que la politique monétaire restera flexible et que toute modification du cap dépendra strictement des données économiques les plus récentes. L’objectif affiché reste la défense des équilibres macroéconomiques pour limiter les effets de chocs externes sur l’inflation et la balance des paiements.
Risques externes liés au conflit au Moyen-Orient et à l’énergie
La détérioration de la situation au Moyen-Orient augmente les risques de volatilité sur les marchés internationaux, notamment sur le marché de l’énergie. Bank Al-Maghrib a souligné l’impact potentiel sur la facture énergétique du pays, la transmission vers les prix intérieurs et les pressions sur le compte courant. Le gouverneur a insisté sur l’importance d’anticiper ces chocs et sur la nécessité d’une coordination entre autorités monétaires, gouvernementales et secteurs privés pour limiter les effets de contagion sur l’économie marocaine.
Activation d’une cellule de suivi et scénarios de crise
Pour mieux répondre aux risques identifiés, la banque centrale a mis en place une cellule de suivi dédiée qui analysera en continu les indicateurs macroéconomiques et financiers. Cette cellule devra élaborer et actualiser des scénarios de crise afin de proposer des réponses rapides et proportionnées. Bank Al-Maghrib se dit prête à utiliser l’éventail d’outils à sa disposition, y compris des opérations de liquidité et des mesures plus ciblées, si la situation l’exige, afin de stabiliser les marchés et d’assurer le bon fonctionnement du système financier.
Soutien ciblé aux TPE et aux secteurs vulnérables
Le gouverneur a évoqué des mesures de soutien aux très petites entreprises (TPE) et aux secteurs les plus exposés aux chocs extérieurs. Bank Al-Maghrib encourage les dispositifs de financement adaptés et la coordination avec les banques commerciales pour préserver l’accès au crédit des acteurs économiques fragiles. L’accent est mis sur des interventions ciblées plutôt que sur des actions généralisées, avec l’objectif de protéger l’emploi et la capacité productive tout en évitant des risques excessifs pour la stabilité financière.
Position sur les cryptoactifs et le projet d’e‑dirham
Abdellatif Jouahri a abordé la question des cryptoactifs et du développement des moyens de paiement numériques, dont l’e‑dirham. La banque centrale appelle à un encadrement prudentiel des cryptoactifs pour limiter les risques de spéculation et d’instabilité financière. Par ailleurs, le projet d’e‑dirham est présenté comme une piste de modernisation des paiements, mais son déploiement doit s’accompagner de garanties de sécurité, d’inclusion financière et d’un cadre réglementaire clair pour prévenir les usages illicites et protéger les consommateurs.
La banque centrale a conclu en précisant que ses décisions futures suivront le rythme des données économiques et financières disponibles. Bank Al-Maghrib se positionne en mode d’alerte et de préparation, prête à adapter sa politique selon l’évolution des risques externes et des indicateurs domestiques. Pour l’heure, l’orientation reste prudente, centrée sur la stabilité des prix, la résilience financière et le soutien ciblé aux acteurs économiques les plus vulnérables.