Sénégal saisit le TAS après perte de son titre de la CAN
Sénégal saisit le TAS après la révocation par la CAF de son titre de la CAN
La Fédération sénégalaise annonce un recours devant le Tribunal arbitral du sport après que la CAF a annulé sa victoire en finale, attribuant le trophée au Maroc. (154 caractères)
La Fédération sénégalaise de football a annoncé, le 19 mars 2026, qu’elle saisira le Tribunal arbitral du sport (TAS) après la décision de la Confédération africaine de football (CAF) d’annuler la victoire du Sénégal en Coupe d’Afrique des Nations et d’attribuer officiellement le titre au Maroc. Le président de la fédération a déclaré que tous les recours juridiques, institutionnels et juridictionnels seraient engagés pour contester la requalification du match et restaurer ce qu’il considère comme la justice sportive.
La Fédération sénégalaise saisit le Tribunal arbitral du sport
La fédération a mandaté ses avocats pour déposer un appel auprès du TAS. Lors d’une conférence de presse, son président a affirmé que l’équipe « resterait debout » et défendrait « légitimement » la victoire obtenue sur le terrain. Le recours visera à contester la décision du Conseil d’appel de la CAF qui a déclaré l’équipe sénégalaise forfait et officialisé le score à 3-0 en faveur du Maroc. Le détail des moyens juridiques invoqués par la délégation sénégalaise n’a pas été rendu public lors de l’annonce.
Requalification du match et décision de la CAF
La CAF a annoncé, mardi, avoir étudié un recours introduit par la Fédération marocaine et, après procédure d’appel, avoir jugé que le Sénégal avait enfreint les règlements du tournoi, entraînant la perte du résultat sportif. La décision a inversé le verdict initial rendu sur le terrain et enregistré officiellement le match en faveur du Maroc sur un score administratif de 3-0. La révision suit une première phase où le Conseil de discipline avait rejeté la protestation marocaine, avant qu’une instance d’appel n’altère ce jugement.
Déroulé de la finale à Rabat le 18 janvier 2026
La finale, disputée à Rabat le 18 janvier 2026, a basculé dans la controverse après l’attribution d’un penalty aux hôtes dans le temps additionnel de la seconde période. Plusieurs joueurs sénégalais ont alors quitté le terrain en signe de protestation. Sur l’initiative du capitaine Sadio Mané, les joueurs sont finalement revenus pour poursuivre la rencontre; le penalty marocain a été manqué et, en prolongation, Pape Gueye a inscrit le but qui avait offert sur le terrain la victoire 1-0 au Sénégal. C’est cet enchaînement qui a été au cœur du litige et de l’interprétation réglementaire retenue par la commission d’appel.
Réactions au Sénégal et demande d’enquête internationale
La révocation de la victoire a provoqué une vive émotion au Sénégal. Les autorités nationales ont exigé l’ouverture d’une « enquête internationale indépendante », évoquant des soupçons de corruption au sein de la CAF. Le président de la République a publiquement exprimé son indignation, posant devant le trophée sur des images diffusées sur les réseaux sociaux. La fédération a, dans sa résolution, promis d’explorer « tous les moyens » afin de faire valoir ses droits et de réclamer la restauration de l’équité sportive.
Position de la CAF et défense du président Patrice Motsepe
Le président de la CAF a reconnu que le football africain souffre d’un déficit de confiance mais a défendu l’indépendance et la compétence des organes disciplinaires et d’appel de l’instance continentale. Il a assuré que ces commissions étaient composées de praticiens du droit choisis avec l’aide des associations membres et a appelé au respect des décisions rendues tout en admettant la nécessité de restaurer la perception d’intégrité. De son côté, la Fédération royale marocaine de football a salué la décision, la présentant comme conforme aux règles et nécessaire pour la stabilité des compétitions.
Conséquences sportives, juridiques et calendrier à venir
La procédure au TAS devrait définir le calendrier et les enjeux juridiques de la contestation. Parmi les questions en suspens figurent la garde du trophée, l’inscription officielle du palmarès et les éventuelles sanctions disciplinaires individuelles ou collectives. La fédération sénégalaise a indiqué qu’elle respecterait les dispositions statutaires de la CAF pendant la procédure, tout en poursuivant son appel au niveau international. Le recours devant le TAS peut aboutir à la confirmation de la décision de la CAF, à son annulation ou à la demande d’une nouvelle instruction selon l’analyse des arguments juridiques présentés par les deux parties.
La controverse ravive les débats sur la gouvernance et la transparence du football africain et pose la question de l’efficacité des mécanismes disciplinaires en période de forte tension médiatique et populaire. Les prochaines semaines seront déterminantes pour l’issue judiciaire et pour la manière dont la communauté footballistique du continent gèrera une crise qui dépasse le seul résultat sportif.