Inflation au Maroc en février 2026 : +0,5% mensuel, -0,6% annuel
L’IPC du Maroc: hausse mensuelle de 0,5 % en février 2026, recul annuel de 0,6 %
IPC Maroc: +0,5% en février 2026 mais -0,6% en glissement annuel. Hausse des prix alimentaires et du carburant, fortes disparités régionales et pouvoir d’achat
Le Haut-Commissariat au Plan (HCP) publie une note montrant que l’indice des prix à la consommation (IPC) a augmenté de 0,5 % en février 2026 par rapport au mois précédent, porté par les produits alimentaires et une légère progression des prix non alimentaires. Sur un an, l’IPC recule toutefois de 0,6 %, en raison d’une baisse marquée des prix alimentaires qui compense la hausse des produits non alimentaires. L’évolution mensuelle et annuelle dessine un tableau contrasté pour les ménages et les décideurs.
L’IPC progresse de 0,5 % en février 2026
L’IPC a enregistré une hausse de 0,5 % entre janvier et février 2026. Cette augmentation mensuelle est majoritairement expliquée par la dynamique des produits alimentaires (+0,8 %) tandis que les biens et services non alimentaires ont augmenté de 0,3 %. L’inflation sous-jacente affiche un raffermissement modéré avec +0,2 % d’un mois sur l’autre.
Recul annuel de 0,6 % porté par les produits alimentaires
En glissement annuel, l’IPC a diminué de 0,6 % en février 2026 par rapport à février 2025. Cette baisse tient principalement à la chute de l’indice des produits alimentaires (-2,0 %), qui neutralise l’augmentation observée sur les produits non alimentaires (+0,4 %). L’inflation sous-jacente est, elle, en repli de 1,2 % sur un an, signalant une pression globale moindre sur certains postes hors alimentation.
Produits alimentaires: hausse notable des protéines et des fruits
L’analyse par postes de dépenses révèle des mouvements contrastés au sein de l’alimentation. Les produits frais sont les plus dynamiques: les prix des poissons et fruits de mer bondissent de 4,5 % sur le mois, les fruits augmentent de 2,1 % et les viandes de 1,6 %. En sens inverse, les prix des huiles et matières grasses reculent de 2,2 %. Ces variations coïncident avec la période pré-Ramadan, traditionnellement associée à une hausse de la demande sur certains produits alimentaires, ce qui exerce une pression à la hausse sur les prix des protéines et des fruits.
Carburant en hausse de 3,1 % sur un mois, transport recule sur un an
Parmi les produits non alimentaires, le poste “carburant” enregistre la plus forte progression mensuelle, avec +3,1 %. Malgré cette hausse ponctuelle, le secteur des transports affiche une baisse de 2,7 % en glissement annuel, traduisant des ajustements différés des prix ou une base de comparaison plus élevée l’année précédente. Ces mouvements montrent que les effets des variations internationales des prix de l’énergie peuvent se transmettre de manière inégale et avec décalage aux consommateurs.
Disparités régionales: Oujda et Tanger en tête des hausses mensuelles
L’évolution des prix n’est pas homogène selon les territoires. Les augmentations mensuelles les plus fortes sont observées dans le nord et l’est du royaume: Oujda et Tanger affichent chacune +1,4 % en février, suivies de Tétouan (+1,2 %). Fès, Kénitra et Al Hoceima enregistrent une hausse modérée de +0,7 %. À l’inverse, Safi connaît une baisse de 0,4 %, tandis que Guelmim et Errachidia reculent de 0,2 %. Les grandes agglomérations telles que Casablanca, Rabat et Settat présentent une augmentation mesurée de +0,3 %, suggérant des mécanismes locaux d’offre et de concurrence qui tempèrent les hausses.
Conséquences pour les ménages et les décisions publiques
Le profil mixte de l’inflation — hausse mensuelle mais recul annuel — pose des défis concrets. Pour les ménages, la flambée ponctuelle des prix de certains produits alimentaires et du carburant peut peser fortement sur le budget courant, notamment pour les ménages à faibles revenus qui consacrent une part importante de leurs dépenses à l’alimentation. Pour les autorités publiques et les acteurs économiques, l’enjeu est d’équilibrer des mesures de stabilisation des prix avec le maintien de l’offre, en particulier dans les périodes de forte demande saisonnière comme le pré-Ramadan.
La configuration actuelle invite à une vigilance continue: surveiller la transmission des prix internationaux à l’économie domestique, renforcer la coordination logistique pour réduire les tensions sur l’offre locale, et évaluer l’efficacité des mécanismes de régulation et de concurrence dans les grandes villes et les marchés régionaux. Les prochains mois seront déterminants pour savoir si la baisse annuelle de l’inflation se consolide ou si les hausses sectorielles mensuelles s’inscrivent dans une tendance plus persistante, affectant durablement le pouvoir d’achat des ménages.