Canada et France demandent à Israël de suspendre l’occupation du sud du Liban
Canada et France demandent à Israël de suspendre tout projet d’occupation du sud-Liban
Le Canada et la France exigent qu’Israël suspende ses plans d’occupation du sud-Liban, soulignant les risques humanitaires et les déplacements massifs de population.
Le 25 mars 2026, le Canada et la France ont publiquement appelé Israël à renoncer à des opérations visant à occuper une large portion du sud du Liban, alors que des préparatifs d’incursion terrestre se poursuivent et que le bilan humain dans le pays voisin s’alourdit. Ottawa et Paris ont mis en garde contre des conséquences humanitaires graves et ont exhorté toutes les parties à respecter le droit international et à protéger les civils.
Appel formel du Canada
Le ministère canadien des Affaires mondiales a publié une déclaration ferme condamnant tout projet d’occupation du sud du Liban et réaffirmant que la souveraineté et l’intégrité territoriale du Liban doivent être respectées. Le communiqué insiste sur l’obligation de toutes les parties de se conformer au droit international, de protéger les civils et d’éviter toute attaque visant les infrastructures civiles, le personnel médical et les forces de maintien de la paix. Le Canada a exprimé sa solidarité avec le peuple et les autorités libanaises et a demandé la cessation immédiate des opérations susceptibles d’aggraver une crise humanitaire.
Mise en garde de la France
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a également appelé Israël à renoncer aux plans d’occupation terrestre. La France a averti qu’une prise de contrôle du sud-Liban entraînerait des conséquences humanitaires majeures et une aggravation de la situation déjà critique sur le terrain. Paris a demandé que soient privilégiées les voies diplomatiques et la protection des civils, tout en insistant sur la nécessité d’éviter toute action susceptible d’élargir le conflit régional.
Déclarations et objectifs annoncés par Israël
Les autorités israéliennes ont indiqué que leurs forces se préparaient à contrôler une zone s’étendant jusqu’au fleuve Litani, à environ 30 km de la frontière israélo-libanaise. Le ministre israélien de la Défense a déclaré que l’armée viserait à établir une « zone de sécurité » jusqu’au Litani, ajoutant que les populations déplacées du sud ne seraient pas autorisées à retourner tant que la sécurité n’est pas assurée pour les résidents du nord d’Israël. Le ministre des Finances israélien a, pour sa part, évoqué l’idée d’un redéploiement des frontières en plaçant la nouvelle limite d’Israël au Litani. Des responsables ont aussi fait référence à des opérations qui, selon eux, reprendraient des schémas utilisés dans des zones précédemment frappées, ce qui a accru les craintes d’une offensive terrestre de grande ampleur.
Opérations militaires et dégâts d’infrastructures
Les préparatifs incluent des frappes ciblées sur des ponts franchissant le fleuve Litani et des bombardements de zones résidentielles proches de la frontière. Les attaques contre des infrastructures clés, comme le pont de Qasmiyeh, ont été qualifiées par des responsables libanais de prélude possible à une invasion terrestre. Ces frappes ont endommagé des voies de communication essentielles et compliqué les évacuations et l’acheminement de l’aide humanitaire dans le sud du pays.
Bilan humain, déplacements et risques humanitaires
Depuis le début du mois, le Liban a enregistré au moins 1 072 morts et près de 3 000 blessés liés aux attaques. Plus d’un million de personnes ont été déplacées par les frappes qui ont atteint le sud, l’est et des secteurs de la capitale Beyrouth. Les autorités sanitaires libanaises ont rapporté des victimes lors des dernières vagues de frappes, y compris des morts à Adloun, dans le camp de réfugiés de Mieh Mieh et à Habboush. Les agences de secours et les observateurs internationaux tirent la sonnette d’alarme sur le risque d’une crise humanitaire généralisée si une incursion terrestre à grande échelle venait à être menée.
Tensions transfrontalières et incidents récents
La violence a également franchi la frontière, avec des tirs de roquettes en provenance du Liban et des alertes aériennes fréquentes dans le nord d’Israël. Les autorités israéliennes ont signalé la mort d’une civielle suite à des tirs en provenance du Liban, tandis que des milliers de civils des deux côtés vivent sous la menace permanente d’attaques et d’évacuations. Ces incidents renforcent le risque d’escalade régionale et alimentent les appels internationaux à la retenue et à la protection des populations civiles.
Les annonces et mises en garde de Paris et d’Ottawa interviennent à un moment de forte tension et d’incertitude. Les autorités libanaises dénoncent les attaques contre leurs infrastructures et réclament la protection de leur territoire, tandis que les responsables israéliens défendent la nécessité d’assurer la sécurité de leurs populations du nord. Entre les opérations militaires, les déclarations politiques sur d’éventuels changements de frontière et l’augmentation des besoins humanitaires, la situation demeure volatile et susceptible d’évoluer rapidement.