Bank Al-Maghrib maintient le taux directeur à 2,25% selon Attijari Global Research
Bank Al‑Maghrib maintient le taux directeur à 2,25 % en mars 2026 : analyse des enjeux macroéconomiques
Bank Al‑Maghrib a confirmé le maintien de son taux directeur à 2,25 % lors de sa réunion de mars 2026. Une note de recherche publiée simultanément décode les raisons de cette assise de la politique monétaire, met en lumière les risques persistants pour l’inflation et détaille les implications sur le crédit, la croissance et la stabilité du dirham.
Décision confirmée lors de la réunion de mars 2026
La banque centrale a choisi de conserver inchangé son principal instrument de politique monétaire à 2,25 %, une orientation qui reflète une combinaison de prudence face aux pressions inflationnistes et d’un souci de soutenir la reprise économique. Le maintien du taux traduit la volonté de stabiliser les anticipations d’inflation tout en évitant d’alourdir prématurément le coût du crédit pour les entreprises et les ménages. La décision intervient dans un contexte international marqué par des incertitudes sur la trajectoire des prix et des taux d’intérêt extérieurs.
Motifs économiques avancés par la note de recherche
Le document d’analyse met en avant plusieurs facteurs ayant pesé dans la balance décisionnelle : une inflation globale qui reste supérieure à la cible sur certains postes, une modération attendue de la demande domestique à court terme et des tensions externes liées aux prix des matières premières et aux conditions financières mondiales. La note souligne également l’importance d’observer l’évolution des composantes sous‑jacentes de l’inflation (prix des services, alimentation) ainsi que la dynamique salariale avant d’envisager un changement de cap.
Impacts attendus sur l’inflation et le pouvoir d’achat
Le maintien du taux directeur vise à ancrer les anticipations et à créer un environnement favorable à la décrue progressive de l’inflation sous‑jacente. Toutefois, la note signale que des chocs d’offre — notamment une hausse des prix alimentaires ou énergétiques importés — pourraient raviver les pressions sur les prix et réduire le pouvoir d’achat des ménages. Les mesures budgétaires et les politiques de soutien ciblé demeurent des leviers complémentaires pour préserver le pouvoir d’achat sans remettre en cause le cadre monétaire.
Conséquences pour le crédit bancaire et l’investissement
Une politique monétaire stable à 2,25 % devrait limiter des hausses soudaines des taux d’emprunt à court terme, offrant ainsi un cadre plus prévisible pour le crédit bancaire. Cela peut encourager les investissements privés si les conditions de financement restent favorables et si la confiance des entreprises se renouvelle. Néanmoins, la transmission aux taux débiteurs dépendra aussi de la liquidité bancaire, du coût du risque et des décisions stratégiques des établissements financiers.
Risque externes et trajectoire du dirham
La note attire l’attention sur les risques extérieurs : fluctuations des taux d’intérêt internationaux, évolution des flux d’investissement et volatilité des prix des matières premières. Ces facteurs peuvent affecter la balance des paiements et exercer une pression sur la parité du dirham. Une politique monétaire stable contribue à limiter ces tensions, mais la gestion des réserves et le suivi des flux de capitaux restent centraux pour préserver la résilience extérieure.
Perspectives à court et moyen terme pour la politique monétaire
À court terme, la priorité consiste à observer l’évolution des indicateurs d’inflation et de croissance avant de modifier la position monétaire. À moyen terme, plusieurs trajectoires sont possibles : un relèvement si l’inflation se maintient au‑dessus des objectifs ou une normalisation graduelle si la désinflation se confirme. Les décisions futures dépendront donc d’un arbitre entre pressions inflationnistes internes, chocs externes et besoins de soutien à la croissance.
La confirmation du taux directeur à 2,25 % en mars 2026 marque une étape de prudence dans la conduite de la politique monétaire. Elle offre un répit pour l’activité économique tout en appelant à une vigilance constante face aux risques inflationnistes et externes. La trajectoire future dépendra de l’évolution des prix, du contexte international et de la capacité des autorités à coordonner instruments monétaires et mesures structurelles pour soutenir une croissance durable.