Militants de Palestine Action libérés saisissent la justice pour mauvais traitements carcéraux
Militants pro palestiniens libérés prévoient une action en justice pour mauvais traitements en prison
Quatre militants libérés après une grève de la faim préparent une plainte contre les établissements pénitentiaires pour négligence médicale et mauvais traitements subis pendant leur détention au Royaume‑Uni.
Les quatre militants récemment libérés sous caution après une grève de la faim prolongée ont annoncé leur intention d’engager des poursuites contre les services pénitentiaires pour ce qu’ils décrivent comme une négligence médicale et des mauvais traitements systématiques. Lors d’une conférence de presse tenue mercredi les concernés ont détaillé des symptômes persistants et des épisodes d’isolement, et ont déclaré chercher réparation judiciaire pour les atteintes subies pendant leur détention provisoire. Huit jeunes du collectif Palestine Action avaient entamé une grève de la faim continue en novembre 2025 qui s’est étendue jusqu’en janvier 2026.
Annonce d une procédure judiciaire
Les quatre militants qui se sont exprimés ont indiqué qu ils visaient la responsabilité des prisons en raison de traitements qu ils jugent contraires aux normes de soin minimales. Lisa Minerva Luxx, soutenant le groupe, a déclaré que les prévenus cherchaient à intenter une action en justice pour négligence médicale. Les personnes libérées incluent Qesser Zuhrah âgée de 21 ans, Teuta Hoxha 30 ans, Kamran Ahmed 28 ans et Heba Muraisi 31 ans. Tous avaient été placés en détention provisoire depuis un raid sur l usine d Elbit Systems UK à Filton près de Bristol le 6 août 2024.
Accusations de négligence médicale et de privation d électrolytes
Plusieurs des militants ont rapporté ne pas avoir reçu d électrolytes pendant leur grève de la faim et avoir obtenu des vitamines seulement après plusieurs semaines. Heba Muraisi, qui affirme avoir été en grève de la faim pendant 73 jours, a décrit des séquelles neurologiques persistantes et des difficultés à marcher sur de longues distances. Elle a aussi dit avoir été transférée loin de sa famille sans information précise et que sa mère n avait pu lui rendre visite pendant des mois.
Récits de mauvais traitements et isolement prolongé
Les récits individuels décrivent des périodes d isolement prolongé et des épisodes d agression lors des transferts ou d interventions des gardiens. Qesser Zuhrah a raconté avoir été soumise selon elle à un régime d isolement calculé et à des confinements répétés sans motif apparent, ce qui l a profondément affectée sur le plan psychologique. Elle a également affirmé avoir été agressée physiquement lors d une altercation avec des agentes pénitentiaires.
Conséquences physiques rapportées par les militants
Les conséquences physiques décrites vont de la fonte musculaire au point de rester paralysée au sol pendant des heures à des douleurs thoraciques et un essoufflement persistants. Kamran Ahmed, qui a interrompu toute alimentation pendant 66 jours, a expliqué avoir été menotté à un officier à l hôpital et garder encore aujourd hui des marques liées à ces menottes. Teuta Hoxha a relaté une perte de 20 pour cent de son poids lors de sa deuxième grève de la faim et des conditions d humiliation durant son hospitalisation.
Contexte judiciaire et interdiction de Palestine Action
Les militants avaient été libérés sous caution en février 2026 après qu une juridiction supérieure ait jugé illégale l interdiction du groupe Palestine Action. Le collectif, connu notamment pour des actions contre des sites liés à l industrie de l armement, avait revendiqué plusieurs opérations y compris une intrusion liée à une base de la Royal Air Force dans l Oxfordshire. Les prévenus ont nié les accusations de cambriolage et de dégradations criminelles. Le ministère de l Intérieur a obtenu l autorisation de faire appel de la décision de la Haute Cour et une date en avril 2026 a été évoquée pour l instruction de l appel.
Procédures en cours et prochaines étapes
Vingt‑trois membres du collectif ont été libérés sous caution à ce stade. Un détenu fait encore l objet d une accusation supplémentaire et reste en détention. Quatre autres grévistes de la faim sont quant à eux toujours détenus dans le cadre d une autre affaire liée à une base militaire. Les militants libérés ont indiqué qu ils engageraient des démarches juridiques ciblant à la fois la prise en charge médicale durant la grève de la faim et les conditions matérielles et disciplinaires qui, selon eux, ont aggravé leurs états de santé. Ils revendiquent par ailleurs que ces procédures judiciaires devront clarifier les responsabilités institutionnelles et permettre réparation.
Les protagonistes ont souligné qu au delà des démarches judiciaires ils entendaient faire reconnaître l impact durable de leur détention sur la santé physique et mentale et assurer un suivi médical approprié pour les séquelles qu ils déclarent porter.