Motsepe appliquera la décision du TAS sur la CAN et Mosengo‑Omba quitte la CAF
Motsepe annonce qu’il appliquera la décision du TAS et engage des réformes à la CAF
Motsepe respectera la décision du TAS sur l’appel du Sénégal à la CAN, promet des réformes de la CAF et annonce un remaniement au secrétariat au Caire.
Le président de la Confédération africaine de football (CAF), Patrice Motsepe, a déclaré au Caire qu’il respecterait et appliquerait la décision que rendra le Tribunal arbitral du sport (TAS) dans l’affaire portée par le Sénégal contre l’annulation de son titre en Coupe d’Afrique des nations. L’annonce intervient après la décision de l’instance d’appel de la CAF d’annuler la victoire 1-0 du Sénégal contre le Maroc en finale, une décision ayant déclenché une série d’appels, de sanctions disciplinaires et de critiques publiques. Motsepe a par ailleurs annoncé des changements statutaires et réglementaires au sein de la CAF et confirmé un remaniement au secrétariat général de l’organisation.
Motsepe garantit l’application de la décision du TAS
Au Caire, Motsepe a affirmé devant la presse : “Je respecterai et appliquerai la décision du TAS. Mon opinion personnelle sur la question n’a pas d’importance.” Il a insisté sur l’indépendance des organes judiciaires de la CAF, rappelant que l’instance d’appel est composée de juges et d’avocats indépendants. Le président a ajouté qu’il se rendrait prochainement au Sénégal et au Maroc pour promouvoir la coopération autour du développement du football africain, sans préciser de calendrier précis.
Déroulé des faits lors de la finale contestée
La finale de la CAN a basculé dans la polémique lorsque plusieurs joueurs sénégalais, ainsi que l’entraîneur Pape Thiaw et son staff, ont quitté le terrain à Rabat après qu’un penalty ait été accordé au Maroc dans le temps additionnel. De retour sur la pelouse, le tireur marocain Brahim Diaz a manqué le penalty ; la rencontre s’est prolongée et le Sénégalais Pape Gueye a inscrit le but décisif en prolongation. La confusion sur le terrain et les réactions des protagonistes ont alimenté les recours et les demandes de clarification juridique et disciplinaire.
Sanctions, appel et modification officielle du résultat
Une commission de discipline de la CAF a infligé des amendes à plusieurs acteurs des deux sélections sans modifier le score du match initialement. Le Maroc a ensuite fait appel contre le maintien du résultat, obtenu gain de cause devant l’instance d’appel et vu le match attribué au Maroc sur le score de 3-0. Face à cette succession de décisions contradictoires perçues comme troublantes par une partie de l’opinion publique, le Sénégal a lancé un recours devant le TAS pour contester l’annulation de son titre.
Réformes annoncées pour l’arbitrage et le VAR
En réaction aux incidents, la CAF a annoncé la mise en œuvre de modifications de ses statuts et règlements “qui renforceront la confiance dans les arbitres (africains), les opérateurs VAR et les organes judiciaires”. Motsepe a indiqué que ces réformes visent à prévenir la répétition de scènes similaires à l’avenir, sans toutefois fournir de précisions immédiates sur la nature ou le calendrier des changements. L’objectif affiché est de restaurer la confiance des fédérations, des joueurs et des supporters dans l’intégrité des compétitions africaines.
Réactions sur le terrain et symboles de controverse
Malgré la procédure en cours, le Sénégal a présenté le trophée et porté un maillot à deux étoiles lors d’un match de préparation pour la Coupe du monde 2026, symbolisant son attachement au titre remporté sur le terrain en février. Le geste illustre la tension persistante entre décisions administratives et ressentiment sportif : les équipes et leurs supporters cherchent à préserver la mémoire des performances réalisées sur le terrain, tandis que les instances disciplinaires et d’appel s’appuient sur l’application stricte des règlements.
Remplacement au secrétariat général et départ de Véron Mosengo-Omba
Motsepe a également annoncé que Samson Adamu assumera la fonction de secrétaire général par intérim de la CAF, succédant à Véron Mosengo-Omba, qui prend sa retraite. Mosengo-Omba, âgé de 66 ans, a quitté son poste après une période marquée par des critiques sur sa prolongation au-delà de l’âge de départ souhaité par certains responsables. Dans sa déclaration de départ, il a évoqué une carrière internationale de plus de trente ans et a nié tout acte répréhensible à l’issue d’une enquête interne. Motsepe a pour sa part précisé que Mosengo-Omba pourrait être sollicité pour contribuer au développement du football dans son pays d’origine.
La CAF entre désormais dans une phase de gestion de crise institutionnelle : application du jugement du TAS, refonte de procédures arbitrales et administratives, et transition au secrétariat général. Les fédérations africaines, les équipes concernées et les supporters attendent maintenant la décision du TAS et des précisions sur les réformes promises afin d’évaluer l’impact de ces mesures sur la gouvernance et la crédibilité du football continental.