Experts demandent un plan d’intervention pour sauvegarder une espèce d’oiseaux menacée en Espagne
Appel urgent pour sauver une espèce d’oiseau menacée sur le point de disparaître en Espagne
Des experts sollicitent une intervention immédiate de l’État pour préserver une espèce aviaire unique retrouvée au Maroc.
Considérée comme l’une des espèces d’oiseaux les plus menacées d’Europe, la crécerelle à tête blanche n’a pas été observée en Espagne depuis des décennies. Avec le déclin dramatique de sa population, des experts soulignent la nécessité d’une intervention immédiate de l’État. Ils affirment disposer de technologies adéquates pour mener à bien un projet de rapatriement qu’ils qualifient d’« obligation morale ».
Découverte d’une population au Maroc
Des expéditions scientifiques, menées depuis plusieurs années en Afrique du Nord, ont récemment fait une découverte encourageante sur la côte atlantique marocaine. Une population résiduelle de cet oiseau rare a été identifiée. Les observations de cette population révèlent des comportements intrigants et uniques : les femelles dominent leur territoire, s’accouplent avec plusieurs partenaires, et les mâles sont chargés de la couvaison solo pendant environ dix jours. Ces comportements mettent en lumière des aspects fascinants de la biologie de cette espèce en danger.
Une pression insoutenable sur l’habitat
Malgré cette découverte, la situation reste critique. Le refuge marocain subit une pression intense due à l’agriculture intensive et à des changements dans l’utilisation des terres. En 2010, les chercheurs avaient identifié la présence de cet oiseau dans la moitié des parcelles étudiées. Aujourd’hui, ce chiffre s’est effondré à seulement 1 %. L’habitat adéquat est désormais confiné à une zone restreinte de 5 000 hectares, principalement dans des zones agricoles traditionnelles. Cette réduction dramatique de l’espace disponible met en péril la survie de l’espèce.
Stratégie de reproduction en captivité
Pour contrer cette menace d’extinction, les ornithologues proposent de créer un programme de reproduction en captivité. Ils envisagent de collecter plusieurs spécimens au Maroc et de les transférer au parc zoologique de Jerez, qui a fait ses preuves dans la conservation d’espèces. Les spécialistes estiment qu’une période de trois à quatre ans serait requise pour établir une population captive stable. Ce programme pourrait donner une nouvelle chance à cet oiseau menacé.
Lâchers contrôlés en Espagne
Une fois la population en captive établit, des lâchers contrôlés dans le sud de l’Espagne seraient envisagés. Ces opérations viseraient à réintroduire les oiseaux dans leurs anciennes aires de répartition. Les derniers individus ibériques connus ont été accidentellement abattus par des chasseurs en 1981. Les plaines côtières d’Andalousie, en particulier Doñana, La Janda et Vejer, sont considérées comme des sites privilégiés pour cette réintroduction, offrant ainsi un espoir pour la résurrection de l’espèce.
Le futur de la crécerelle à tête blanche demeure incertain, dépendant des actions rapides et déterminées des autorités et des experts. Si rien n’est fait, cette espèce pourrait disparaître définitivement des cieux espagnols.