Violences israéliennes à Gaza et en Cisjordanie tuent au moins 18 Palestiniens
Israël et territoires palestiniens : au moins 18 morts en une semaine, intensification des frappes, expulsions et violences des colons
Violences entre Israël et Palestiniens : au moins 18 morts la semaine dernière, frappes à Gaza, restrictions religieuses à Jérusalem et multiplication des expulsions et attaques de colons.
Les affrontements entre forces israéliennes, colons et Palestiniens ont coûté la vie à au moins 18 personnes la semaine dernière dans la bande de Gaza et en Cisjordanie occupée. À Gaza, la majorité des victimes ont été tuées par des frappes aériennes et des tirs d’artillerie qui visent notamment des postes de police et des positions qualifiées d’infrastructures du Hamas. En Cisjordanie, une combinaison de tirs attribués à des colons et à l’armée a fait plusieurs morts et provoqué de nouveaux déplacements de civils. Parallèlement, des restrictions sur l’accès aux lieux saints à Jérusalem ont alimenté les tensions religieuses et diplomatiques.
Bilan des frappes et des pertes humaines
La semaine a été marquée par des opérations aériennes intenses à Gaza, entraînant des dizaines de victimes et des destructions ciblant des postes de sécurité et des quartiers densément peuplés. Des frappes ont notamment tué plusieurs personnes les 25, 28 et 30 mars, dont des civils dans des camps de réfugiés et des quartiers urbains. Le total des morts à Gaza depuis le cessez-le-feu d’octobre atteint plusieurs centaines. En Cisjordanie, des incidents armés ont causé au moins cinq décès confirmés ces derniers jours, dont des personnes touchées par des tirs près d’Hébron, à Bethléem et aux abords de camps de réfugiés.
Proposition de désarmement du Hamas et ses limites
Un cadre international visant le désarmement du Hamas a été présenté, prévoyant une phase de huit mois pour établir une autorité et rétablir l’ordre avant une reconstruction éventuelle. Les responsables qui ont présenté ce plan ont cependant reconnu que les conditions nécessaires à la deuxième phase — le lancement effectif de la reconstruction — paraissent encore lointaines. Entre-temps, les frappes répétées et la persistance de l’insécurité compliquent toute mise en œuvre durable du dispositif proposé.
État sanitaire et crise humanitaire à Gaza
La situation humanitaire à Gaza continue de se dégrader : pénuries de carburant et de pièces pour générateurs menacent les services hospitaliers, les tentes des déplacés sont inondées par des tempêtes et l’acheminement de l’aide reste fortement restreint. Des cas d’enfants et de malades n’ayant pu être évacués ont été signalés, certains conduisant à des décès évitables. Les autorités sanitaires ont lancé des alertes sur le risque d’arrêt des soins vitaux si l’approvisionnement ne se rétablit pas rapidement.
Escalade des attaques de colons en Cisjordanie
Les attaques menées par des colons contre des bergers, agriculteurs et habitants de villages se sont multipliées, causant blessés, destructions de biens et déplacements forcés. Des incidents violents ont été recensés dans plusieurs zones rurales, incluant des agressions corporelles graves et des tentatives d’implantation d’avant-postes illégaux. Les mouvements de population forcés au cours des trois premiers mois de 2026 ont déjà dépassé les chiffres annuels précédents, avec des centaines, voire des milliers de personnes contraintes de quitter leurs foyers.
Expulsions à Jérusalem et mesures législatives contestées
À Jérusalem-Est, des expulsions massives et des démolitions de maisons ont récemment privé plusieurs dizaines de familles de leur logement, notamment dans les quartiers de Silwan. Ces opérations s’inscrivent dans un contexte politique marqué par l’adoption de décisions budgétaires et législatives renforçant les moyens de l’État et des dispositifs sécuritaires. Le parlement a voté des mesures qui étendent les prérogatives judiciaires et pénales, y compris un projet de loi imposant la peine de mort pour des personnes reconnues coupables de « terrorisme », une disposition critiquée pour ses implications sur les droits et l’égalité devant la loi.
Les tensions religieuses se sont également accrues : des restrictions prolongées ont limité l’accès des fidèles à des lieux saints depuis fin février, et le dimanche des Rameaux un haut dignitaire chrétien a été empêché d’entrer dans l’église du Saint-Sépulcre pour célébrer la messe, un épisode jugé sans précédent par des responsables chrétiens. La controverse a provoqué des réactions internationales et des promesses de mesures visant à restaurer l’accès aux lieux de culte.
La confluence des frappes militaires, des attaques de colons, des expulsions et des mesures législatives a intensifié l’instabilité sur le terrain et aggravé la crise humanitaire. Les perspectives de réduction des violences et d’un processus politique apaisé demeurent incertaines à court terme, alors que les populations civiles continuent de subir les conséquences directes des opérations et des décisions prises par les autorités.