Sept joueurs érythréens disparus menacent la participation aux éliminatoires de la CAN
Érythrée : sept joueurs locaux disparaissent après la victoire du 31 mars, participation aux qualifications de la CAN 2027 menacée
Sept joueurs érythréens ont disparu après la victoire du 31 mars 2026 en Eswatini, mettant en péril la présence de l’Érythrée aux éliminatoires de la CAN 2027.
La participation de l’équipe nationale érythréenne aux éliminatoires de la Coupe d’Afrique des Nations est désormais fragilisée après la disparition de sept des dix joueurs locaux alignés lors de la double confrontation contre l’Eswatini. La fédération érythréenne se retrouve face à une crise logistique et politique après le départ inexpliqué de ces athlètes au cours du déplacement retour effectué fin mars 2026.
Disparitions constatées après le match décisif du 31 mars 2026
La rencontre retour contre l’Eswatini, remportée 4-1 par l’Érythrée le 31 mars 2026, a assuré au pays une place dans le tour principal des qualifications. À l’issue du succès, plusieurs membres du groupe n’ont toutefois pas regagné Asmara. Sur les 24 joueurs convoqués par le sélectionneur, dix étaient basés localement ; seulement trois d’entre eux sont rentrés, tandis que sept n’ont plus été retrouvés au moment où la délégation a transité par l’Égypte.
Itinéraire du déplacement et point de rupture signalé
La tournée comprenait plusieurs étapes : match aller joué à Meknès (Maroc) faute d’infrastructures internationales en Érythrée, puis le match retour en Eswatini. Le groupe a ensuite quitté l’Eswatini pour se rendre en Afrique du Sud avant d’embarquer vers Le Caire. C’est lors de ce passage que les organisateurs ont constaté l’absence de sept joueurs au moment de l’arrivée au Caire, selon les informations de la fédération continentale. Les circonstances exactes de leur disparition restent floues.
Liste des joueurs portés disparus et ceux revenus
Parmi les joueurs qui n’ont pas été retrouvés figurent deux gardiens, Kibrom Solomon et Awet Maharena, ainsi que les défenseurs Wedeb Fessehaye, Yosief Tsegay et Nahom Awet. Le milieu Medhane Redie et l’attaquant Amanuel Benhur complètent la liste des absents. Ont pour leur part regagné Asmara le capitaine Ablelom Teklezghi, le milieu Nahom Tadese et l’attaquant Romel Abdu.
Composition de l’équipe et recours aux joueurs de la diaspora
Le sélectionneur Hesham Yakan avait retenu 24 joueurs pour les deux matchs contre l’Eswatini, dont quatorze évoluant à l’étranger — en Australie, Égypte, Angleterre, Allemagne, Pays-Bas, Norvège, Philippines et Suède. L’apport des éléments de la diaspora a été déterminant sur le plan sportif : Ali Suleiman, joueur du championnat égyptien, a inscrit trois buts au cours des deux rencontres, contribuant largement à la qualification pour la phase de groupes.
Antécédents de défections et explication structurelle
Ces disparitions interviennent dans un contexte ancien de défections récurrentes de footballeurs érythréens lors de déplacements à l’étranger. Des cas similaires ont été signalés après des compétitions en Angola, Kenya, Tanzanie, Ouganda et Botswana au cours des deux dernières décennies. Les observateurs pointent la politique du service militaire indéfini et le climat politique interne comme facteurs principaux incitant des sportifs à quitter leurs sélections lorsqu’ils se trouvent à l’étranger. Les estimations onusiennes rassemblent plusieurs dizaines de footballeurs, entraîneurs et officiels ayant fait défection au cours des 20 dernières années.
Impacts sportifs et diplomatiques sur la campagne de qualification
La disparition de la majorité des joueurs locaux risque de compliquer la participation de l’Érythrée aux éliminatoires de la phase de groupes, dont les rencontres sont prévues entre septembre et novembre 2026. L’équipe, qui réapparaissait sur la scène continentale pour la première fois dans une phase finale de CAN depuis 2007, voit sa progression menacée par ce nouveau scandale. À plus vaste échelle, l’incident pose des questions sur les conditions de déplacement et la sécurité administrative des délégations sportives, ainsi que sur les conséquences diplomatiques pour un pays qui cherche à réduire son isolement régional.
L’affaire est susceptible d’entraîner des enquêtes internes et des discussions au sein des instances africaines du football sur les procédures d’accompagnement et de contrôle des équipes en déplacement. Elle ravive aussi le débat sur la protection des sportifs en mission à l’étranger et sur les responsabilités des fédérations nationales en matière de gestion des risques liés aux voyages internationaux.
La situation reste évolutive et soulève des incertitudes quant au calendrier sportif de l’Érythrée ; toute décision officielle sur la validité de sa participation aux phases suivantes dépendra des conclusions des vérifications en cours et des décisions des organes compétents du football continental.