Une information judiciaire ouverte pour l’enlèvement du Français disparu au Maroc
Le parquet de Melun ouvre une enquête pour enlèvement dans l’affaire de Clément Besneville
Le 4 avril, le parquet de Melun a franchi une étape majeure en lançant une information judiciaire pour enlèvement et séquestration concernant Clément Besneville, un ingénieur français disparu au Maroc. Cette action fait suite à une enquête du parquet national antiterroriste entamée en 2025. Le père de la victime, Didier Besneville, exprime un certain soulagement, indiquant que cette initiative garantit que l’affaire ne sera pas oubliée, même si aucune piste de terrorisme n’est actuellement retenue.
Clément Besneville : le contexte de sa disparition
Âgé de 29 ans et installé à Rabat depuis janvier 2024, Clément Besneville avait pour projet d’ouvrir une chaîne de pizzerias. Toutefois, il n’a plus donné signe de vie à partir du 13 avril 2024, suscitant l’inquiétude de ses proches. Les enquêteurs ont découvert dans son appartement ses effets personnels, y compris son passeport et son argent, rendant ainsi peu crédible l’hypothèse d’un départ volontaire.
Investigations et écartement des pistes extrémistes
Selon des sources de sécurité nationale marocaines, toute piste extrémiste a été écartée. Clément a été décrit comme un jeune homme doux mais impressionnable, diagnostiqué schizophrène en 2017. Fait troublant, la veille de sa disparition, il avait été impliqué dans un incident mineur dans une mosquée, où il avait ri pendant la prière, ce qui aurait pu soulever des préoccupations parmi les responsables de la sécurité.
Un transfert financier suspect de 40 000 euros
L’enquête a également mis en lumière un aspect financier intrigant. En mars 2024, Clément avait transféré 40 000 euros sur une plateforme de cryptomonnaie pour son projet professionnel. À ce jour, cette somme n’a pas été déplacée, ajoutant une couche de mystère à sa disparition. Ce transfert, qui pourrait sembler suspect, invite à s’interroger sur ses intentions et sur les circonstances entourant sa disparition.
Les questions des proches et des autorités
La famille de Clément s’interroge également sur l’absence de données provenant des caméras de surveillance urbaines qui auraient pu apporter des éclaircissements sur ses derniers jours. De plus, la fermeture inexplicable des comptes Facebook créés pour relayer des appels à témoins suscite des interrogations. Didier Besneville, visiblement touché par la situation, a conseillé toutes les autorités compétentes, du roi du Maroc au président français Emmanuel Macron, en quête de réponses.
Persistance de la recherche et soutien d’une association
Bien que deux années se soient écoulées sans nouvel indice, Didier Besneville et son épouse poursuivent leur lutte avec le soutien d’une association dédiée à la recherche de disparus. Leur détermination reste intacte malgré l’incertitude pesante. “Qu’est-il arrivé à notre enfant ?”, s’interroge son père, rappelant les nuits blanches passées à espérer des nouvelles.
Cette affaire met en lumière non seulement un drame familial, mais soulève également des questions plus larges sur la sécurité des étrangers au Maroc et la responsabilité des autorités dans la gestion de ce type de disparitions. Le suivi de cette enquête sera scruté attentivement par la famille et le public, dans l’espoir que la vérité éclate et que justice soit rendue.