Itamar Ben-Gvir prend d’assaut la mosquée Al-Aqsa à Jérusalem-Est sous protection de colons
Itamar Ben-Gvir pénètre l’enceinte d’Al‑Aqsa sous protection de colons; arrestations en Cisjordanie
Itamar Ben-Gvir a pénétré l’enceinte de la mosquée Al‑Aqsa sous protection de colons; dix-huit arrestations en Cisjordanie et condamnations internationales.
Le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben‑Gvir, a pénétré l’enceinte de la mosquée Al‑Aqsa dans la vieille ville de Jérusalem‑Est, accompagné de colons et sous forte protection des forces de sécurité israéliennes. La visite, qualifiée d’incursion par des responsables palestiniens et régionaux, survient alors que des opérations et des arrestations se poursuivent en Cisjordanie occupée. Selon les autorités locales, au moins dix‑huit Palestiniens ont été arrêtés lors de raids menés le même jour, tandis que des affrontements ont fait plusieurs blessés. L’entrée de Ben‑Gvir sur le site religieux a relancé les tensions autour du statu quo en vigueur depuis 1967.
Détails de l’incursion à Al‑Aqsa
Itamar Ben‑Gvir est entré sur l’enceinte d’Al‑Aqsa en présence d’un groupe de colons et a été escorté par des forces de sécurité. Sur place, il a effectué des prières juives, un geste qui soulève la controverse car les non‑musulmans peuvent visiter le site mais ne sont en principe pas autorisés à y accomplir des rites religieux selon les règles tacites appliquées depuis la fin de la guerre de 1967. Des témoins décrivent une présence policière renforcée empêchant l’accès ou perturbant les fidèles musulmans pendant certaines heures.
Réactions politiques et diplomatiques
La visite a été immédiatement condamnée par des responsables palestiniens qui ont dénoncé une violation du statu quo et une provocation inacceptable. Plusieurs gouvernements régionaux ont également exprimé leur colère, estimant que l’acte portait atteinte au caractère sacré du site et risquait d’exacerber les tensions. Du côté israélien, aucun commentaire officiel substantiel n’a été rendu public au moment du déroulement de l’incident, et le ministre a diffusé des déclarations affirmant son droit d’être présent sur le site.
Fréquence des visites et position politique de Ben‑Gvir
Il s’agit de la troisième incursion publique notable du ministre sur ce lieu saint au cours de l’année, et de plusieurs visites depuis sa nomination à ce poste. Ben‑Gvir est issu d’une mouvance politique favorable à l’expansion des droits des colons et a déjà exprimé l’idée de modifier le statut du site. Dans des déclarations filmées, il a affirmé se sentir « propriétaire » du lieu et a dit pousser l’exécutif à prendre des mesures supplémentaires, des propos qui ont alimenté les inquiétudes sur l’avenir du statu quo religieux et juridique autour d’Al‑Aqsa.
Restrictions et gestion du site religieux
Les autorités israéliennes avaient fermé temporairement l’accès à la mosquée pendant plusieurs semaines au début du mois d’avril, dans un contexte de tensions régionales et d’opérations militaires. La réouverture aux fidèles palestiniens a été suivie par des incursions de colons pratiquant des rituels non autorisés, selon des témoins. Des ajustements des horaires et des fenêtres de visite ont été signalés, avec des périodes prolongées permettant l’entrée de visiteurs non musulmans, ce qui a été perçu comme une modification effective des pratiques en vigueur.
Opérations en Cisjordanie et bilan des arrestations
Parallèlement à l’incursion sur Al‑Aqsa, les forces de sécurité israéliennes ont mené plusieurs raids en Cisjordanie, aboutissant à au moins dix‑huit arrestations au cours de la journée. Des opérations ont ciblé des camps de réfugiés et des localités, entraînant des altercations et des blessures parmi des civils, y compris des mineurs selon des témoins. Ces interventions s’inscrivent dans un contexte de raids répétés qui ont provoqué déplacements et pertes humaines depuis octobre 2023, aggravant la situation humanitaire dans les territoires occupés.
Impact régional et risque d’escalade
L’incursion et les opérations concomitantes ont été interprétées par des observateurs commeun facteur de montée des tensions régionales, notamment en période de fortes sensibilités religieuses et politiques autour de Jérusalem‑Est. Les réactions politiques et diplomatiques ont souligné le risque d’une nouvelle spirale d’affrontements, alors que des conflits régionaux et des attaques transfrontalières continuent de peser sur la stabilité. La multiplication des visites politiques et des rites non autorisés sur des lieux saints accentue la polarisation entre les communautés.
La situation demeure volatile: les autorités locales et régionales appellent au calme et à la retenue, tandis que les mouvements sur le terrain — visites, arrestations et restrictions d’accès — pourraient déterminer les prochains développements dans la ville sainte et au‑delà.