SIAM 18e à Meknès : FAO et INRA saluent la transformation agroalimentaire durable du Maroc
Le Maroc renforce la transformation agroalimentaire au SIAM : réduction des pertes et stratégie nutritionnelle au cœur des discussions
Au SIAM 18 à Meknès, FAO, INRA et le ministère de la Santé présentent des mesures concrètes pour réduire les pertes post-récolte, renforcer la coordination multisectorielle et appuyer la stratégie nationale de nutrition 2024-2030.
L’édition 18 du Salon International de l’Agriculture au Maroc (SIAM), qui se tient à Meknès jusqu’au 28 avril 2026, a servi de plateforme pour des annonces et bilans sur la transformation des systèmes agro-alimentaires au Maroc. Lors d’un panel consacré à la durabilité et à la transformation, le représentant de la FAO au Maroc, Alexandre Huynh, a souligné la progression déterminée du pays vers des systèmes plus durables, mettant en avant la stratégie Génération Green et l’importance d’une coordination multisectorielle soutenue. Les interventions des responsables de l’INRA et du ministère de la Santé ont complété ce diagnostic par des résultats d’études et des orientations opérationnelles.
La FAO reconnaît une trajectoire stratégique durable
Le représentant de la FAO a insisté sur la complexité de transformer les systèmes agro-alimentaires et sur le besoin d’une vision stratégique de long terme. Il a décrit le Maroc comme un exemple régional grâce à des politiques publiques stables, illustrées par la stratégie Génération Green, et par des efforts pour consolider la coordination entre ministères, institutions de recherche et acteurs privés. L’argument central est que sans organisation commune, l’efficacité des mesures diminue; le Maroc, selon ses propos, travaille à structurer cette gouvernance intersectorielle.
Résultats des études INRA sur neuf filières stratégiques
La directrice de l’INRA, Lamiae Ghaouti, a présenté des études ciblées sur neuf filières jugées stratégiques : blé, légumineuses, dattes, oignon, agrumes, tomates, pomme, huile d’olive et fraises. Ces travaux visent à identifier les stades critiques de pertes post-récolte et à proposer des leviers d’action adaptés à chaque chaîne de valeur. L’INRA rappelle qu’à l’échelle mondiale, 24 % des calories produites sont perdues ou gaspillées, et que le gaspillage alimentaire contribue pour 8 à 10 % aux émissions mondiales de gaz à effet de serre, ce qui renforce l’enjeu d’intervention nationale.
Mesures opérationnelles pour tomates, agrumes et fraises
Les recommandations varient selon les produits. Pour les tomates, les études indiquent que la réduction des manipulations et l’amélioration des conditions de transport et de stockage peuvent significativement limiter les pertes. Pour les agrumes, l’accent est mis sur le renforcement des capacités de gestion des vergers et la valorisation des sous-produits (pectine, huiles essentielles) afin de diversifier les revenus et réduire le gaspillage. Concernant les fraises — pour lesquelles les pertes post-récolte peuvent atteindre 30 % — l’INRA préconise l’exploration de solutions telles que l’atmosphère modifiée, l’enrobage bio-actif et la valorisation par séchage pour prolonger la durée de conservation et améliorer la valeur ajoutée.
Programmes 2025-2028 et appui des partenaires internationaux
L’INRA a précisé que ses travaux s’inscrivent dans le cadre de programmes couvrant la période 2025-2028, pilotés par le ministère de l’Agriculture en partenariat avec la FAO et la Banque mondiale. Les objectifs déclarés sont d’améliorer la productivité, de préserver les ressources naturelles et d’accompagner la transition vers des systèmes alimentaires durables. Ces programmes visent à traduire les résultats scientifiques en actions opérationnelles sur le terrain, par des investissements dans les infrastructures post-récolte, la formation et l’innovation technologique.
Intégration de la nutrition dans les politiques agricoles
La responsable du Programme national de nutrition au ministère de la Santé et de la Protection Sociale, Hasnae Gamih, a présenté la Stratégie nationale multisectorielle de nutrition 2024-2030. La stratégie articule des interventions sanitaires, des mesures de promotion de systèmes alimentaires durables et des actions collectives qui dépassent le seul cadre sanitaire. Elle insiste sur la nécessité d’intégrer des indicateurs nutritionnels dans les politiques agricoles et d’utiliser les conseillers agricoles et relais communautaires comme vecteurs d’éducation nutritionnelle, renforçant ainsi la gouvernance entre agriculture, santé et société civile pour améliorer la trajectoire nutritionnelle nationale.
Portée et affluence du SIAM : une mobilisation nationale et internationale
Le SIAM 18, axé sur la « Durabilité de la production animale et souveraineté alimentaire », réunit plus de 1 500 exposants, 500 coopératives, 200 éleveurs et 45 délégations étrangères représentant 70 pays, avec une affluence attendue supérieure à 1,1 million de visiteurs. L’événement met en lumière la combinaison d’initiatives publiques, de recherche et d’acteurs privés nécessaires pour transformer les chaînes alimentaires et répondre aux défis de sécurité et de durabilité.
Les échanges tenus à Meknès traduisent une feuille de route concrète : réduire les pertes post-récolte par des technologies et pratiques adaptées, intégrer la nutrition aux politiques agricoles, et renforcer la coordination institutionnelle. Ces orientations, portées simultanément par la recherche, la coopération internationale et les programmes publics, visent à ancrer la transition agroalimentaire dans des résultats mesurables au bénéfice des producteurs, des consommateurs et de l’environnement.