Souss‑Massa et Gran Canaria appellent à une liaison maritime directe Agadir–Las Palmas
Chambres de commerce de Souss-Massa et de Gran Canaria renforcent leur coopération à Las Palmas
Rencontre à Las Palmas pour sceller un partenariat axé sur l’économie bleue, le tourisme, la transition énergétique et une liaison maritime directe Agadir–Canaries.
Rencontre à Las Palmas entre Souss-Massa et Gran Canaria
La Chambre de commerce, d’industrie et de services de Souss-Massa et la Chambre de commerce de Gran Canaria se sont réunies mardi à Las Palmas, dans le cadre d’une visite d’une délégation marocaine aux Îles Canaries. La réunion, organisée par les autorités de l’archipel, vise à approfondir un accord de coopération signé en janvier dernier à Agadir et à traduire cet engagement en actions concrètes entre entreprises et institutions portuaires.
Prolongement de l’accord conclu en janvier à Agadir
La rencontre s’inscrit dans la continuité de la mission institutionnelle tenue en janvier, lorsque les deux chambres avaient formalisé leur volonté de coopérer. Les responsables ont présenté un programme de travail commun destiné à transformer cet accord-cadre en projets opérationnels. L’objectif affiché est de bâtir un partenariat de nouvelle génération, structuré autour d’axes stratégiques à forte valeur ajoutée pour les deux territoires.
Axes stratégiques ciblés pour la coopération
Les échanges ont identifié plusieurs secteurs prioritaires : l’économie bleue et l’excellence maritime, le tourisme, la transition énergétique et la résilience climatique, l’investissement productif, ainsi que la coopération territoriale et humaine. Les deux parties ont convenu d’articuler des actions autour de la connectivité, du commerce et du tourisme afin d’accélérer les synergies entre entreprises des deux rives.
Projet de liaison maritime directe Agadir–Las Palmas
Un point central de la discussion a porté sur l’établissement d’une liaison maritime directe entre Agadir et les Canaries. Les acteurs présents ont souligné que le transit actuel via la péninsule rallonge les délais et alourdit les coûts logistiques. Une liaison directe est jugée essentielle pour fluidifier les échanges commerciaux, réduire les coûts et favoriser l’émergence d’un corridor maritime durable entre le sud du Maroc et l’archipel canarien.
Opportunités pour la pêche, la réparation navale et l’innovation
Les responsables ont mis en avant des opportunités concrètes dans le secteur de la pêche, notamment le renouvellement et la maintenance de la flotte d’Agadir. Le port de Las Palmas dispose d’un savoir-faire reconnu en réparation navale, avec des chantiers capables d’intervenir sur la construction et l’entretien de navires de pêche. D’autres domaines, comme l’emballage, la formation professionnelle, l’innovation et la durabilité, ont été identifiés comme des champs d’intervention prioritaires pour des projets bilatéraux.
Acteurs institutionnels et acteurs économiques mobilisés
À la réunion ont participé, entre autres, Luis Padrón, président de la Chambre de commerce de Gran Canaria, et Saïd Dor, président de la Chambre de commerce de Souss-Massa, ainsi que le président de la Chambre de commerce de Fuerteventura, Juan Jesús Marichal. La délégation marocaine comprenait également la consule générale du Royaume du Maroc à Las Palmas et des représentants des chambres de commerce de Santa Cruz de Tenerife, Lanzarote et La Graciosa. Des responsables techniques et des représentants du tissu entrepreneurial local ont pris part aux discussions, tout comme les équipes de l’Autorité portuaire de Las Palmas.
Les échanges avec l’Autorité portuaire ont mis l’accent sur les synergies possibles entre les infrastructures portuaires d’Agadir et de Las Palmas. La présidente du port de Las Palmas a rappelé que la mise en place d’une liaison directe réduirait les coûts et les délais de transit et ouvrirait des opportunités pour des projets conjoints dans la maintenance navale, la formation et la gestion des chaînes logistiques maritimes.
La rencontre a débouché sur la définition d’un programme de travail couvrant la connectivité, le commerce et le tourisme, avec la mise en place de groupes techniques chargés d’étudier la faisabilité des liaisons maritimes directes, des opérations de coopération industrielle et des projets de formation. Les parties ont convenu de se réunir régulièrement pour suivre l’avancement des chantiers identifiés et mobiliser des ressources publiques et privées pour leur mise en œuvre.
Les acteurs présents ont insisté sur la volonté de positionner cet espace transfrontalier comme un hub stratégique orienté vers les marchés africains, en s’appuyant sur les complémentarités économiques et géographiques. La dynamique engagée vise à créer des chaînes de valeur partagées, à renforcer la compétitivité des entreprises locales et à favoriser une transition vers des activités plus durables et résilientes face aux enjeux climatiques.