Économie marocaine en reprise au T1 2026 grâce à l’agriculture et aux exportations industrielles
Le Maroc confirme sa reprise au T1 2026 grâce à l’agriculture et aux exportations industrielles
Maroc: reprise confirmée au T1 2026 — saison agricole record, exportations industrielles solides et demande intérieure soutenue, malgré tensions extérieures.
Le premier trimestre 2026 confirme une trajectoire de redressement pour l’économie marocaine, portée par une campagne agricole exceptionnelle, des performances industrielles à l’export et une demande intérieure robuste. Ces éléments ont permis de compenser une baisse temporaire des exportations de phosphates et des tensions logistiques internationales, tout en plaçant le pays sur une dynamique de croissance stable malgré un contexte géopolitique incertain.
Agriculture en situation exceptionnelle
La campagne agricole 2025–2026 affiche des résultats remarquables. La production de céréales est estimée à 90 millions de quintaux, soutenue par des précipitations supérieures de 54 % à la moyenne sur trente ans. Les retenues des barrages atteignent 75,7 % au 20 avril 2026, renforçant la résilience hydrique du pays. Les cultures arboricoles connaissent des hausses spectaculaires : olives +111 %, agrumes +25 % et dattes +55 %. Toutefois, ces gains ponctuels ne couviennent pas l’ensemble des signes : les exportations agroalimentaires ont reculé de 3,7 % à fin février et la pêche côtière a vu ses volumes chuter de 34,3 %, en raison d’une moindre capture pélagique.
Industrie exportatrice comme moteur de la croissance
Le secteur manufacturier maintient une forte dynamique. La valeur ajoutée industrielle a progressé de 4,3 % en 2025 et le taux d’utilisation des capacités atteint 77,5 %. Les filières orientées vers l’export tirent l’activité : l’automobile progresse de 10,3 % et représente 34,7 % des exportations totales, l’aéronautique gagne 16,5 %, la métallurgie bondit de 49,6 %, le plastique et le caoutchouc progressent de 71,9 %, tandis que l’électronique affiche +2,5 %. Ces performances montrent une diversification des débouchés et un ancrage industriel exportateur renforcé.
Secteur extractif touché par des tensions logistiques
Le secteur extractif subit des contre-performances notables. La production brute de phosphates recule de 9,9 % et les sorties à l’exportation de phosphates et dérivés diminuent de 16,5 % à fin février, malgré un rebond de 8,9 % sur le seul mois de février. La contraction s’explique en partie par des tensions logistiques internationales et une dépendance aux importations de soufre, qui affectent la chaîne de valeur du secteur.
Énergie et construction: signaux contrastés
Les indicateurs énergétiques montrent des déséquilibres. La production nationale d’électricité diminue de 1,7 % à fin février, tandis que la consommation augmente de 9,7 %, entraînant une hausse spectaculaire des importations d’électricité de 81,6 %. Dans le bâtiment, les ventes de ciment reculent de 10,9 % au premier trimestre, mais repartent à la hausse en mars (+2,5 %), suggérant une reprise progressive après des pluies exceptionnelles et l’impact du calendrier religieux.
Tourisme et transport en reprise durable
Le secteur touristique poursuit sa remontée. Les arrivées gagnent 7 %, les nuitées augmentent de 4 % et les recettes voyages progressent de 22,2 % à fin février. Le transport aérien enregistre une hausse de 7,9 % du trafic passagers, tandis que le trafic portuaire affiche +8,9 % sur l’année 2025. Les télécommunications contribuent modestement avec une valeur ajoutée en hausse de 1,7 %; les abonnements mobile et internet augmentent respectivement de 1,5 % et 3,1 %.
Demande intérieure, investissement et marché du travail
La demande intérieure reste le socle de la reprise. L’inflation est quasi stable (-0,1 % à fin mars) et les mesures de soutien du pouvoir d’achat soutiennent la consommation des ménages. Le crédit à la consommation progresse de 3,9 % et les transferts des résidents à l’étranger augmentent de 4,2 %. L’investissement s’affermit : importations de biens d’équipement +14,5 %, crédits à l’équipement +25,6 % et dépenses d’investissement public en hausse de 6,3 % à fin mars. Sur l’emploi, 249 000 postes salariés ont été créés en 2025, et le taux de chômage recule à 13,0 %, soit une baisse de 0,3 point.
La conjonction d’une campagne agricole exceptionnelle, d’une industrie exportatrice performante et d’une demande interne soutenue a permis de rétablir une trajectoire de croissance au premier trimestre 2026. Les fragilités persistent toutefois : la baisse des exportations de phosphates, les tensions logistiques internationales et la dépendance énergétique appellent à des mesures ciblées de diversification et de sécurité des approvisionnements. À court terme, la gestion de ces risques déterminera la solidité de la reprise et la capacité du pays à transformer ce regain conjoncturel en croissance durable.