Madagascar arrête Guy Baret ex-militaire français pour complot et expulse un agent de l’ambassade
Madagascar place en détention provisoire un ex-militaire français et expulse un agent diplomatique pour un complot présumé
Madagascar arrête un ancien militaire français et déclare persona non grata un agent de l’ambassade, accusés d’un complot visant à saboter des infrastructures. (159 caractères)
Madagascar a annoncé, le 29 avril 2026, l’arrestation d’un ancien militaire français et l’expulsion d’un agent de l’ambassade de France, dans le cadre d’une enquête pour tentative de déstabilisation de l’ordre public et complot contre des installations publiques. La procureure adjointe Nomenarinera Mihamintsoa Ramanantsoa a indiqué que l’ancien militaire, identifié comme Guy Baret, est placé en détention provisoire à la prison de haute sécurité de Tsiafahy. Les autorités malgaches détaillent des accusations qui incluent diffusion de fausses informations, sabotage d’infrastructures énergétiques exploitées par la société d’État Jirama, et hébergement de personnes recherchées.
Détention et mesures judiciaires
L’ancien militaire français, arrêté dans le cadre de l’enquête ouverte par le parquet, a été placé en détention provisoire à Tsiafahy. Le dossier comprend des chefs d’accusation de nature pénale et des éléments indiquant une préparation d’actions visant des lignes électriques et des centrales thermiques gérées par Jirama. Un officier de l’armée malgache, le colonel Patrick Rakotomamonjy, est également mis en cause et attend sa présentation devant un juge d’instruction. Deux autres suspects ont été placés sous contrôle judiciaire, le parquet estimant qu’ils ne figuraient pas parmi les instigateurs présumés.
Nature des accusations et calendrier allégué
Les autorités malgaches reprochent aux personnes mises en cause la diffusion de fausses informations destinées, selon elles, à troubler l’ordre public, ainsi que la préparation d’actes matériels pour endommager des infrastructures essentielles. Le parquet a précisé que le groupe aurait initialement prévu des actions pour le 18 avril 2026. Les charges comprennent complot criminel et complot visant à saboter des installations publiques, des qualifications qui rendent possible des poursuites lourdes si les éléments de preuve sont confirmés en instruction.
Réactions diplomatiques entre Antananarivo et Paris
La décision d’expulser un agent de l’ambassade de France a provoqué une réaction diplomatique immédiate. La France a convoqué le chargé d’affaires de l’ambassade de Madagascar à Paris pour exprimer son vif mécontentement et a rejeté « catégoriquement » les accusations visant à l’encontre de ses ressortissants, selon le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Pascal Confavreux. De son côté, le ministère malgache des Affaires étrangères a indiqué que l’ambassadeur de France à Antananarivo, Arnaud Guillois, avait été convoqué et informé de la décision concernant l’agent expulsé, sans que son identité ou les actes reprochés ne soient publiquement précisés.
Implication des forces armées malgaches
Outre l’arrestation de l’ancien militaire français, l’enquête vise des responsables au sein de l’armée malgache. Le colonel Patrick Rakotomamonjy, cité comme impliqué, est en attente d’une mise en examen et d’une éventuelle présentation devant un juge d’instruction. Les autorités judiciaires ont distingué le rôle présumé des différents inculpés, expliquant que certains étaient soupçonnés d’avoir participé à la préparation des actes tandis que d’autres auraient joué un rôle moindre, justifiant leur mise sous contrôle judiciaire plutôt qu’une détention provisoire.
Contexte politique et antécédents récents à Madagascar
Madagascar, ancienne colonie française, maintient des liens politiques étroits avec la France, mais a connu une période d’instabilité politique depuis l’automne précédent. Le dirigeant militaire Michael Randrianirina a pris le pouvoir en octobre 2025 à la suite d’une série de manifestations dirigées par des jeunes contre l’ancien président Andry Rajoelina. En octobre 2025, la France a été impliquée dans l’évacuation de M. Rajoelina alors que les troubles s’accentuaient, un élément qui a contribué à la sensibilité des relations bilatérales actuelles et qui explique en partie la forte réactivité diplomatique constatée cette semaine.
La situation reste tendue et l’enquête judiciaire devrait déterminer précisément le rôle de chaque personne mise en cause et établir les preuves nécessaires pour d’éventuelles poursuites. Les autorités malgaches ont engagé des procédures judiciaires pour faire la lumière sur les allégations de complot et de sabotage, tandis que la France conteste fermement toute implication dans une tentative de déstabilisation. La suite des actions judiciaires et des échanges diplomatiques entre Antananarivo et Paris sera déterminante pour l’évolution de cette affaire.