La famille nucléaire remplace la famille nombreuse au Maroc selon une étude du HCP
Au Maroc, l’évolution des structures familiales : la fin des familles nombreuses
Les familles marocaines connaissent un changement en profondeur, avec un déclin notable des familles nombreuses, selon l’Enquête nationale famille 2025 du HCP.
Augmentation des familles nucléaires
La tendance la plus marquante est l’essor des familles nucléaires, qui représentent aujourd’hui 73 % des ménages, contre 60,8 % en 1995. Cette transformation touche aussi bien les zones urbaines que rurales. En milieu urbain, la part des familles nucléaires a grimpé de 63 % à 72,9 %. En milieu rural, le changement est aussi significatif, avec une évolution de 58,1 % à 72,7 %.
Déclin des familles élargies
À l’opposé, la proportion des familles élargies est en déclin constant. En 1995, elles représentaient 35,2 % des ménages, chiffre qui a chuté à 19,8 % en 2025. Ce déclin est particulièrement marqué dans les zones rurales, où la part de ces familles est passée de 38,7 % à 22,1 %. Même en ville, une diminution est observée, passant de 32,3 % à 18,8 %.
Changement dans la cohabitation multigénérationnelle
La cohabitation entre générations est également reconfigurée, avec une forte réduction des ménages multigénérationnels. En 1995, ces foyers rassemblaient 29 % des ménages, mais cette proportion a chuté à 16,8 % en 2025. En milieu rural, la baisse est plus marquée, passant de 33,8 % à 20 %.
Facteurs de transformation des structures familiales
Plusieurs facteurs expliquent ces évolutions, selon le HCP : l’urbanisation, la mobilité résidentielle, les changements des modes de vie, les contraintes liées au logement et une quête d’autonomie. La taille moyenne des ménages a ainsi diminué, passant de 4,6 personnes en 2014 à 3,9 en 2024, franchissant ainsi le seuil symbolique de quatre personnes.
Solidarité familiale malgré la distance
Il est important de noter que cette évolution ne supprime pas la solidarité familiale. Loin de diminuer les liens, le rapport du HCP affirme qu’il existe une distinction entre la cohabitation et l’intensité des liens familiaux. Les familles peuvent vivre séparément tout en maintenant des relations étroites à travers des visites, des transferts d’argent ou des soutiens de proximité.
La solidarité change de nature
Les changements actuels révèlent que la solidarité marocaine repose de moins en moins sur le vivre ensemble et davantage sur des relations entretenues à distance. La grande famille n’a pas complètement disparu, mais les membres sont de moins en moins souvent sous le même toit. Cette nouvelle dynamique soulève des défis et des questions sur l’avenir des relations familiales au Maroc.
La transformation des structures familiales au Maroc appelle à une réflexion sur la manière dont la solidarité et les liens sont entretenus dans un contexte sociétal en mutation. Les familles, même éloignées physiquement, continuent à s’entraider, révélant ainsi une résilience face aux changements contemporains.