Israël prolonge de deux jours la détention de deux militants de la flottille Sumud
Deux militants de la flottille Sumud détenus en Israël après une interception en mer
Deux militants de la flottille Sumud détenus en Israël après interception en mer; détention prolongée et accusations de mauvais traitements suscitent réactions.
Les autorités israéliennes ont présenté devant un tribunal d’Ashkelon deux militants étrangers arrêtés lors de l’interception en mer d’une flottille humanitaire dirigée vers Gaza. L’audience, qui s’est tenue dimanche, a abouti à une prolongation de la détention de 48 heures pour permettre de nouveaux interrogatoires, tandis que les proches et défenseurs des droits dénoncent des pratiques illégales et des violences présumées pendant la capture et la garde à vue.
Arrestations et audience à Ashkelon
Les deux hommes, un ressortissant espagnol et un ressortissant brésilien, ont comparu devant le tribunal d’Ashkelon après leur transfert en Israël. Ils faisaient partie des participants d’une mission maritime internationale organisée pour acheminer de l’aide à Gaza. Selon les informations disponibles, plusieurs dizaines de militants ont été interceptés en eaux internationales et une partie des personnes à bord a été conduite vers la Crète, tandis que les deux militants ont été transférés en Israël pour interrogatoire et procédures judiciaires.
Charges invoquées et prolongation de la détention
Aucune charge définitive n’a encore été retenue contre les deux détenus au moment de l’audience, mais des accusations potentiellement graves ont été évoquées par les autorités : affiliation à une organisation qualifiée de terroriste et contacts avec des agents étrangers figurent parmi les motifs avancés. Le tribunal a accepté la demande de prolongation de la détention de deux jours afin de permettre des interrogatoires complémentaires et l’examen des éléments présentés par les enquêteurs.
Témoignages de violences et état des détenus
Des avocats qui se sont rendus en prison ont rapporté des récits de violences physiques subies par les deux militants lors de leur arrestation et des premiers jours de détention. Les récits mentionnent des passages à tabac, des positions de stress prolongées, des mains liées, des bandages sur les yeux et des épisodes d’évanouissement pour l’un des détenus. Des ecchymoses visibles ont été observées sur l’un d’eux. Les deux personnes ont entamé une grève de la faim tout en continuant à boire de l’eau, selon les informations fournies par leurs conseils.
Arguments de la défense sur la légalité extraterritoriale
Les avocats des militants ont contesté la légalité des procédures engagées, estimant qu’il n’existe pas de base juridique pour appliquer extraterritorialement des incriminations à l’encontre d’activités menées par des ressortissants étrangers en eaux internationales. Ils ont présenté ces actions comme viciées et ont demandé la remise en liberté immédiate de leurs clients, qualifiant la capture et le transfert comme un enlèvement. La défense a également affirmé que la procédure relevait de mesures de représailles contre des acteurs humanitaires.
Contexte de la flottille et réactions internationales
La flottille en question, Sumud, avait déjà tenté des voyages précédents vers Gaza, attirant une large attention internationale et des interceptions antérieures. Des participants de missions antérieures avaient été arrêtés, détenus puis expulsés. Les réactions diplomatiques se sont fait entendre : des autorités étrangères ont qualifié le transfert de leurs ressortissants de « kidnapping » et rejeté les accusations portées à leur encontre. De leur côté, les autorités israéliennes ont lié certains participants à des entités politiques ou associatives considérées comme proches de groupes armés, justifiant selon elles les enquêtes en cours.
Les développements judiciaires dans les jours qui viennent devraient éclairer la nature et la portée des accusations retenues, ainsi que la position des tribunaux sur l’application du droit pénal au-delà des eaux territoriales. Pendant ce temps, la situation des deux détenus et les allégations de mauvais traitements continuent d’alimenter les discussions internationales sur le cadre légal des interceptions maritimes et la protection des militants humanitaires.