Crédit bancaire au Maroc : 1 224,6 milliards de dirhams fin février 2026, +8,3% glissement annuel
Crédit bancaire au Maroc : 1 224,6 milliards de dirhams à fin février 2026, hausse de 8,3% sur un an
À fin février 2026, le crédit bancaire au Maroc s’élève à 1 224,6 milliards de dirhams, en progression de 8,3% sur un an. Ce rythme marque une accélération de la demande de financement et pose des enjeux pour la croissance et la stabilité financière du pays.
Crédit total et évolution annuelle
Le volume global du crédit consenti par le système bancaire atteint 1 224,6 milliards de dirhams à la clôture de février 2026, soit une augmentation de 8,3% par rapport à la même période de l’année précédente. Cette hausse annuelle traduit une reprise soutenue de l’activité de prêt après les fluctuations observées ces dernières années. Les banques ont injecté davantage de liquidités dans l’économie, reflétant tant une demande accrue de la part des emprunteurs que des capacités d’offre renforcées au sein du secteur financier.
Segments de la clientèle en hausse
La progression du crédit semble portée à la fois par les prêts aux entreprises et par le crédit aux ménages. Les demandes liées à l’investissement des entreprises, notamment pour la modernisation et l’extension des capacités, ont contribué au mouvement, tout comme les prêts à l’habitat et au logement pour les ménages. Les petites et moyennes entreprises, qui représentent une part importante de l’économie nationale, bénéficient également d’une attention accrue des banques, via des lignes de crédit et des facilités destinées à soutenir la trésorerie et les projets d’investissement.
Conséquences pour la liquidité et les marges bancaires
L’augmentation du volume de crédit influe sur la gestion de la liquidité des établissements. Une hausse des prêts peut réduire les excédents de trésorerie à court terme mais renforcer les revenus d’intérêts à moyen terme. Pour les banques, l’équation marge-risque reste centrale : l’accroissement des encours de prêt améliore généralement la rentabilité opérationnelle, à condition que la qualité du portefeuille soit préservée. Les établissements doivent donc ajuster leur tarification, leurs provisions et leurs stratégies de financement pour conserver des marges saines.
Risques potentiels et signaux de surveillance
Une montée rapide du crédit entraîne des risques qui méritent une vigilance renforcée. L’accélération du volume des prêts peut se traduire, si elle n’est pas accompagnée d’un suivi rigoureux, par une dégradation de la qualité des actifs et une augmentation des créances douteuses. Les risques macroéconomiques — variation des taux d’intérêt, retournement conjoncturel, ou tensions sur les devises — peuvent aussi peser sur la capacité de remboursement des emprunteurs. Les autorités de régulation et les banques elles-mêmes restent attentives aux indicateurs de stress afin d’éviter une accumulation de vulnérabilités.
Implications pour les secteurs clefs de l’économie
La distribution du crédit entre secteurs conditionne l’impact sur la croissance. Un financement accru vers l’immobilier et la construction stimule l’emploi et l’offre de logements, tandis qu’un soutien aux PME et à l’industrie favorise le développement productif et l’exportation. L’orientation du crédit vers des investissements productifs contribuera davantage à la résilience économique que son allocation vers des consommations temporaires. Les décideurs et les acteurs bancaires devront donc favoriser une allocation efficiente du financement.
Perspectives et facteurs à suivre en 2026
Pour le reste de 2026, plusieurs facteurs détermineront la trajectoire du crédit : l’évolution de la demande interne, les politiques monétaires et réglementaires, ainsi que la perception du risque par les banques. Un maintien d’une croissance modérée de l’économie devrait soutenir la demande de prêts, tandis qu’un resserrement des conditions financières rendrait la croissance des encours plus coûteuse. La diversification des produits de financement et un renforcement des garanties et des mécanismes de gestion du risque seront des leviers essentiels pour soutenir une expansion durable du crédit.
L’augmentation observée à fin février 2026 illustre une dynamique de crédit qui peut soutenir la relance économique, à condition d’être accompagnée d’une surveillance prudente et d’une allocation ciblée des ressources vers des projets à forte valeur ajoutée.