Système numérique UE perturbe chauffeurs routiers, grève menacée pour assouplir visas Schengen
Nouveau système numérique aux frontières de l’UE : chauffeurs routiers en tension et menace de grève
Depuis le 10 avril 2026, le nouveau système d’entrée/sortie de l’UE perturbe les chauffeurs routiers: menace de grève et appels à assouplir les visas Schengen.
Depuis l’entrée en vigueur, le 10 avril 2026, du système numérique d’enregistrement des entrées et sorties de l’Union européenne, les échanges entre conducteurs routiers et autorités frontalières ont connu des dysfonctionnements et des incompréhensions. La procédure, qui remplace l’estampillage manuel des passeports par une seule saisie électronique des données de voyage, soulève des difficultés pratiques pour les chauffeurs professionnels opérant sous le régime TIR et risque d’affecter la fluidité du trafic international. Face à ces tensions, les opérateurs du transport routier ont menacé une grève à compter du 5 mai 2026 pour obtenir des mesures d’urgence et des négociations gouvernementales avec Bruxelles.
Mise en place du système numérique le 10 avril 2026
Le nouveau dispositif européen vise à centraliser et numériser l’enregistrement des personnes traversant l’espace Schengen. En lieu et place du tampon apposé sur le passeport, les données du voyageur sont désormais captées et conservées de façon électronique afin de renforcer la sécurité et d’améliorer la gestion des flux transfrontaliers. L’adoption généralisée à tous les points de passage a été effective à partir du 10 avril 2026, mais la transition s’accompagne d’ajustements techniques et administratifs encore en cours.
Effets concrets pour les chauffeurs et les opérateurs TIR
Les chauffeurs routiers, en particulier ceux engagés dans des missions multiplies et de courte durée au sein de l’espace Schengen, signalent que la nouvelle procédure crée des incertitudes sur le calcul des jours passés sur le territoire. La suppression de l’estampillage papier ne modifie pas la règle du séjour de 90 jours sur 180, mais elle complique le suivi quotidien des entrées et sorties pour des conducteurs qui enchaînent des trajets transfrontaliers. Des erreurs d’enregistrement, des files d’attente prolongées et des interfaces parfois peu adaptées aux usages professionnels ont été rapportées par des responsables du secteur.
La règle des 90 jours sur 180 au cœur du litige
La contrainte du séjour de 90 jours sur 180, qui conditionne la présence de ressortissants étrangers dans l’espace Schengen sans titre de séjour de longue durée, est le point de friction majeur. Pour les conducteurs qui travaillent en rotation et franchissent fréquemment les frontières, le cumul des séjours peut atteindre rapidement ce plafond, exposant l’employeur et le salarié à des sanctions administratives. Les opérateurs TIR reprochent au nouveau système de rendre plus opaque le calcul des jours et demandent des garanties ou des dérogations adaptées à la profession.
Menace de grève et revendications adressées aux pouvoirs publics
Face à l’accumulation des difficultés, les représentants du transport routier ont menacé une cessation d’activité à partir du 5 mai 2026 afin d’obtenir des réponses rapides. Leur demande centrale est que le gouvernement négocie avec les institutions européennes un assouplissement des conditions de visa Schengen pour les chauffeurs professionnels, ou l’instauration de mesures transitoires facilitant la mobilité: visas multi-entrées clairement adaptés, mécanismes d’exemption lors de missions courtes, ou outils officiels de suivi des jours de présence opérationnels et accessibles aux entreprises.
Risques pour la chaîne logistique et l’économie
Les perturbations au niveau des frontières peuvent rapidement se répercuter sur les chaînes d’approvisionnement. Retards, coûts supplémentaires et congestions aux points de passage sont autant de facteurs susceptibles d’alourdir le coût du transport routier et d’augmenter les délais de livraison. Les secteurs dépendant fortement du transport terrestre international — agroalimentaire, industrie manufacturière, distribution — surveillent la situation, qui pourrait affecter la disponibilité des marchandises et les calendriers de production si des mesures correctives ne sont pas prises.
Solutions possibles et pistes de concertation
Les acteurs du transport proposent plusieurs pistes: mise en place d’un mécanisme de suivi officiel des jours de séjour accessible aux entreprises, création d’un statut spécifique pour les chauffeurs professionnels avec des règles de mobilité adaptées, ou encore périodes transitoires au moment du déploiement du système numérique pour éviter les sanctions imputables à des erreurs d’enregistrement. Les autorités nationales sont appelées à jouer un rôle d’intermédiaire avec Bruxelles pour obtenir des clarifications techniques et juridiques, ainsi que des adaptations procédurales.
Les prochains jours seront déterminants pour la suite: l’ouverture de discussions entre le gouvernement et les représentants du secteur permettra d’évaluer si des mesures d’urgence peuvent être adoptées pour éviter une paralysie partielle du transport routier. Les entreprises et les conducteurs attendent des garanties sur la lisibilité des règles et la stabilité des conditions de travail pendant la phase de transition.