Araghchi à Pékin, l’Iran attend un soutien chinois pour rouvrir le détroit d’Ormuz
Araghchi à Pékin : l’Iran cherche le soutien de la Chine face aux tensions autour du détroit d’Ormuz
À Pékin, Abbas Araghchi a rencontré Wang Yi pour consolider l’alliance sino-iranienne et obtenir le soutien de la Chine face à la fermeture du détroit d’Ormuz.
Rencontre Araghchi-Wang à Pékin
Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi s’est rendu à Pékin pour une première visite officielle en personne depuis le début des hostilités régionales, afin de s’entretenir avec son homologue chinois Wang Yi. La rencontre intervient à une semaine du sommet bilatéral entre les présidents des États-Unis et de la Chine prévu les 14 et 15 mai 2026 à Pékin. Les entretiens ont duré plusieurs heures et ont porté sur la situation sécuritaire régionale, les voies maritimes et la coopération économique sino-iranienne.
Priorités iraniennes exposées à la Chine
Lors de cette réunion, la délégation iranienne a présenté trois priorités : exposer la position de Téhéran sur la guerre en cours, réaffirmer et renforcer les relations bilatérales avec la Chine avant la visite du président américain, et solliciter un appui diplomatique et économique continu. L’Iran a insisté sur la nécessité d’un accord “juste et global” dans les négociations visant à mettre fin au conflit et à rétablir la sécurité des infrastructures énergétiques régionales.
Appel chinois à la réouverture du détroit
La Chine a appelé à la réouverture rapide du détroit d’Ormuz, estimant qu’une cessation complète des combats devait être obtenue sans délai et que la reprise des hostilités serait inacceptable. Pékin a souligné l’importance de poursuivre les négociations et s’est dit prêt à jouer un rôle constructif pour réduire les tensions. La position chinoise reflète à la fois ses intérêts énergétiques et sa volonté d’éviter une escalade susceptible de perturber les chaînes d’approvisionnement mondiales.
Pressions américaines et contexte diplomatique
Dans le même temps, des responsables américains ont multiplié les appels pour que la Chine fasse pression sur l’Iran afin de lever le blocus du détroit d’Ormuz. Washington a imposé des mesures destinées à contraindre Téhéran à accepter des conditions de paix, tandis que Pékin a manifesté sa frustration face à la fermeture prolongée du détroit, qui affecte directement ses approvisionnements en énergie. Les relations entre Washington et Pékin sont par ailleurs tendues en raison de différends commerciaux et d’accusations concernant l’achat de pétrole iranien.
Conséquences économiques et risques pour l’approvisionnement
La fermeture du détroit d’Ormuz, par lequel transite une part significative des exportations mondiales de pétrole et de gaz, a entraîné une hausse marquée des prix de l’énergie et des matières premières comme les engrais. Les perturbations menaçent la stabilité des marchés et ravivent les craintes d’un ralentissement économique mondial. Les gouvernements concernés ont exprimé leur préoccupation quant aux effets à plus long terme d’un accès restreint aux principales routes maritimes.
Négociations, médiation et prochaines étapes
Les pourparlers directs entre l’Iran et les États-Unis, tenus récemment dans un pays tiers, se sont arrêtés sans accord, les principaux points de désaccord restant l’enrichissement nucléaire et le contrôle du détroit d’Ormuz. Téhéran semble rechercher de Pékin un rôle de médiateur capable d’exercer une influence sur Washington sans demander de concessions susceptibles de nuire à ses propres intérêts. Pékin, tout en condamnant certaines pratiques, a récusé l’idée d’accepter des mesures qui léseraient ses entreprises et a appelé au règlement pacifique par la voie diplomatique.
La visite à Pékin a donc une portée stratégique : l’Iran veut consolider une coopération bilatérale renforcée — y compris sur le plan énergétique et d’investissements — et maximiser le poids de la Chine à l’heure où s’ouvrent des discussions internationales cruciales. Les prochains jours, marqués par la tenue du sommet sino-américain, seront déterminants pour savoir si Pékin pourra jouer un rôle décisif dans la réduction des tensions et la réouverture du détroit d’Ormuz.