Hausse du carburant au Yémen de 24 % pèse sur Mukalla
Yémen : une hausse de 24 % des prix du carburant fragilise ménages et transports
Hausse de 24% du carburant au Yémen pèse sur chauffeurs, étudiants et marchés locaux, aggravant la pression inflationniste et les difficultés des ménages.
Le gouvernement yéménite et la compagnie publique de distribution ont annoncé une augmentation substantielle des prix des carburants qui a pris effet à la mi-avril 2026, provoquant un choc immédiat pour les usagers, les transporteurs et les commerçants. La hausse, d’environ 24 % sur le litre d’essence et de diesel, s’ajoute à une situation économique déjà fragile et risque de se répercuter rapidement sur le coût des biens essentiels et la mobilité quotidienne.
Hausse officielle des prix du carburant
Le prix du litre d’essence et du diesel a été relevé à 1 475 riyals yéménites, contre 1 190 riyals auparavant, une augmentation qui a été annoncée publiquement le 16 avril 2026. La compagnie publique a précisé que l’ajustement était lié aux coûts d’importation et aux fluctuations sur les marchés internationaux, et a présenté la mesure comme temporaire, liée aux tensions régionales qui affectent le transport maritime.
Motifs invoqués par la compagnie pétrolière
Les autorités ont mis en avant plusieurs facteurs pour justifier la hausse : perturbations des routes maritimes, augmentation des frais d’assurance et de transport, et fluctuations du taux de change du dollar au moment des achats. La compagnie a également indiqué que le carburant importé était déjà raffiné, ce qui lie son prix aux marchés mondiaux des produits pétroliers plutôt qu’au seul cours du pétrole brut.
Effets immédiats sur les usagers et transporteurs
La réaction a été immédiate sur le terrain. Des chauffeurs comme Abdullah Salem, 55 ans, ont augmenté leurs tarifs pour tenter de couvrir la hausse des coûts : +100 riyals sur un trajet de l’après-midi et +3 000 riyals sur les abonnements mensuels pour les étudiants. Ces ajustements ont provoqué des refus et une baisse du nombre de passagers sur certains itinéraires, certains habitants privilégiant désormais l’auto-stop ou réduisant leurs déplacements. Des étudiants et des travailleurs expliquent devoir faire face à des dépenses supplémentaires alors que leurs revenus restent stagnants ou irréguliers.
Risques pour l’approvisionnement et l’inflation
Les économistes locaux avertissent que l’impact pourrait se diffuser rapidement. Les transports, la pêche et la distribution alimentaire, secteurs fortement dépendants du carburant, risquent d’augmenter leurs prix de vente pour amortir leurs coûts. Des pénuries ponctuelles restent possibles si les approvisionnements sont retardés, et la hausse des frais de transport peut se traduire par une inflation davantage marquée sur les marchés locaux, accentuant la fragilité de l’économie nationale.
Réactions des ménages et mesures demandées
Dans les villes concernées, plusieurs familles déclarent avoir érodé leurs économies pour payer études et déplacements. Certaines, selon des témoignages, ont vendu des bijoux ou reporté d’autres dépenses essentielles pour faire face. Les syndicats des transports et des représentants locaux ont été convoqués pour tenter d’encadrer les augmentations tarifaires et éviter des hausses jugées “injustifiées”. Dans le même temps, des usagers demandent des mesures de soutien ciblées, comme des tarifs subventionnés pour les transports scolaires ou des coupons carburant pour les travailleurs à faibles revenus.
Les autorités ont indiqué à plusieurs reprises que cette mesure était temporaire et dépendrait de l’évolution des tensions régionales et des conditions sur les marchés internationaux. Toutefois, la dépendance aux importations de produits raffinés et la volatilité des coûts logistiques laissent craindre que les prix restent sensibles à tout nouveau choc externe. Les ménages à revenus modestes, déjà vulnérables, sont les plus exposés à une dégradation rapide de leur pouvoir d’achat.
L’ampleur et la durée des conséquences dépendront des réponses publiques et privées : contrôles tarifaires, aides sociales ciblées, ou relance des capacités locales de production si cela est possible. À court terme, la priorité pour de nombreux Yéménites reste de préserver l’accès aux transports et aux biens de première nécessité sans sacrifier les dépenses vitales des foyers.