Maroc au conseil ministériel de la CCBC à Nairobi pour préparer la table ronde
Maroc participe aux travaux ministériels de la Commission Climat du Bassin du Congo à Nairobi en vue de la table ronde des bailleurs
À Nairobi, le Maroc, représenté par Leila Benali, participe aux réunions ministérielles préparant la table ronde des bailleurs du Fonds Bleu du Congo, 26 mai.
Le Royaume du Maroc a pris part dimanche à Nairobi aux travaux du Conseil des ministres de la Commission Climat du Bassin du Congo (CCBC), consacrés à l’examen final des préparatifs de la table ronde des bailleurs prévue le 26 mai à Brazzaville, en République du Congo. La délégation marocaine, conduite par la ministre de la Transition énergétique et du Développement durable, Leila Benali, comprenait des hauts responsables chargés du climat, de la biodiversité et des affaires globales, qui ont contribué à la validation technique et politique des documents de mobilisation financière.
Composition de la délégation marocaine et rôle ministériel
La délégation marocaine était composée, outre la ministre Leila Benali, du directeur du Climat et de la Diversité Biologique, Rachid Tahiri, du directeur des Questions Globales au ministère des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Ismail Chekkori, et d’autres experts. Leur présence visait à porter les intérêts techniques et de gouvernance du Maroc dans la phase culminante du processus régional, en lien avec la préparation du portefeuille de projets à soumettre aux bailleurs.
Ordre du jour : finalisation des fiches de projets et constitution d’un portefeuille
Au cœur des discussions figuraient la finalisation et l’harmonisation des fiches de projets prioritaires et la consolidation d’un portefeuille de projets structurants. Les ministres et experts ont travaillé à aligner ces projets sur les plans nationaux de développement des États membres, afin de garantir leur bancabilité et leur pertinence sectorielle. L’objectif est de présenter aux financeurs une série de dossiers techniques et financiers prêts à être cofinancés lors de la table ronde de Brazzaville.
Gouvernance du Fonds Bleu et représentation du Maroc
La réunion a également abordé les modalités de gouvernance du Fonds Bleu pour le Bassin du Congo, notamment la désignation des représentants des États dans ses organes décisionnels et la validation des textes juridiques régissant son fonctionnement. Le Maroc siège dans trois organes du Fonds Bleu : le comité exécutif, le conseil d’administration et l’Assemblée des financeurs, ce qui lui confère un rôle déterminant dans les décisions stratégiques relatives à la mobilisation et à l’allocation des ressources.
Calendrier préparatoire et étapes récentes
Ces travaux ministériels s’inscrivent dans une séquence d’étapes préparatoires engagées depuis 2025 : la réunion des points focaux tenue à Brazzaville en octobre 2025, la pré-table ronde des bailleurs organisée à Belém en marge de la COP30 en novembre 2025, puis la réunion des experts à Nairobi en janvier 2026. La session ministérielle de Nairobi intervient à la veille d’une session extraordinaire de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de la CCBC, programmée le 12 mai à Nairobi, qui doit valider la stratégie de mobilisation des ressources et entériner les documents politiques et techniques issus du processus préparatoire avant la table ronde du 26 mai.
Anniversaires marquants et portée politique
La session ministérielle coïncide avec le dixième anniversaire de la création de la Commission Climat du Bassin du Congo et le premier anniversaire de la Déclaration de Marrakech/Cadre ESG Mines, adoptée pour promouvoir un secteur minier durable selon une définition africaine. Ces jalons renforcent la dimension politique et symbolique du processus, soulignant l’engagement de long terme des États africains et de partenaires régionaux dans la valorisation durable du capital naturel du continent.
Engagement national du Maroc et ambitions climatiques
Parallèlement à son action régionale, le Maroc poursuit ses ambitions climatiques nationales. Le Royaume a relevé son ambition d’atténuation dans sa Contribution Déterminée au niveau National (CDN 3.0) à 53 % d’ici 2035, portée par un portefeuille de 90 projets d’atténuation et 107 projets d’adaptation couvrant dix secteurs. Cette stratégie territorialisée vise à transformer les engagements climatiques en leviers de développement, en orientant les investissements vers les priorités régionales et sectorielles.
La réunion de Nairobi illustre la convergence entre initiatives nationales et mécanismes régionaux de financement climatique. À quelques jours de la session extraordinaire des chefs d’État prévue le 12 mai et de la table ronde des bailleurs du 26 mai à Brazzaville, les autorités marocaines mettent en avant une approche intégrée : promouvoir la bancabilité des projets, renforcer la gouvernance du Fonds Bleu et assurer une coordination étroite entre les pays membres pour mobiliser les ressources nécessaires à la préservation et à la valorisation durable du bassin du Congo.