Parlement sud-africain crée une commission de mise en accusation sur l’affaire Farmgate de Ramaphosa
Le Parlement sud-africain crée une commission de destitution pour relancer l’enquête « Farmgate » visant Cyril Ramaphosa
Le Parlement lance une commission de mise en accusation pour enquêter sur le scandale « Farmgate » et les allégations contre le président Cyril Ramaphosa, après une décision de la Cour. (157 caractères)
Le Parlement sud-africain a annoncé lundi 11 mai 2026 la création d’une commission de mise en accusation chargée d’examiner les allégations visant le président Cyril Ramaphosa dans l’affaire dite « Farmgate ». La décision intervient après un arrêt de la Cour constitutionnelle rendu vendredi 8 mai 2026, qui a jugé incompatible avec la Constitution la précédente décision de l’Assemblée nationale de bloquer l’enquête. La commission devra analyser les éléments présentés et déterminer si une procédure formelle de destitution doit être recommandée ; ses travaux devraient s’étendre sur plusieurs mois.
Annonce formelle du Parlement et calendrier
L’Assemblée nationale a indiqué le lundi 11 mai 2026 que son président entamerait le processus visant à constituer la commission de mise en accusation. La mesure suit la déclaration de la Cour constitutionnelle du 8 mai 2026, qui a ordonné la reprise de l’enquête parlementaire. Le Parlement n’a pas publié de calendrier précis mais a confirmé que les délibérations pourraient durer plusieurs mois, compte tenu de la complexité des pièces à examiner et des procédures légales à respecter.
Mandat et périmètre de la commission
La commission recevra pour mission d’examiner les preuves relatives au scandale « Farmgate », d’interroger des témoins et de rédiger un rapport évaluant l’existence de manquements constitutifs de mauvaise conduite. Si le rapport conclut à des fautes, il pourra recommander l’ouverture d’une procédure de mise en accusation auprès de la chambre basse. Les modalités d’audition, la composition des membres et les pouvoirs d’enquête seront fixés par le président de l’Assemblée nationale lors de la création formelle de l’organe.
Les faits au cœur du scandale « Farmgate »
L’affaire remonte à 2020, lorsque le vol d’environ 4 millions de dollars en espèces étrangères a été découvert dans un canapé de la ferme à gibier Phala Phala, propriété du président Ramaphosa. Les questions portent sur l’origine de ces fonds, sur la manière dont le président les a acquis, sur leur déclaration aux autorités fiscales et sur les raisons pour lesquelles ils étaient conservés dans des meubles plutôt qu’en banque. Un panel indépendant chargé d’examiner l’affaire a rendu un rapport qui, selon ses conclusions préliminaires, a identifié des éléments susceptibles de constituer une mauvaise conduite, conclusion que Ramaphosa conteste.
Réactions du président et de l’ANC
Le président Cyril Ramaphosa a nié toute irrégularité et a déclaré la semaine précédente qu’il respecterait la décision de la Cour de relancer la procédure. Lors d’un discours à la nation lundi soir, il a toutefois affirmé qu’il ne démissionnerait pas et a annoncé son intention de contester juridiquement le rapport du panel indépendant. Le Congrès national africain (ANC) a convoqué son Comité exécutif national pour mardi 12 mai 2026 afin d’évaluer la situation et de décider des mesures politiques internes. Le parti, qui a perdu sa majorité en 2024 mais conserve plus d’un tiers des sièges, se trouve dans une position délicate pour arbitrer entre soutien au président et préoccupation de l’opinion publique.
Initiatives des partis d’opposition et enjeux parlementaires
La procédure a été déclenchée à la suite d’une plainte déposée par deux partis d’opposition, les Combattants de la liberté économique (EFF) et le Mouvement de transformation africaine (ATM). L’EFF a publiquement réclamé la démission du président. Juridiquement, même si la commission de mise en accusation rendait un rapport défavorable, la destitution de Ramaphosa au Parlement exigerait une majorité qualifiée des deux tiers à la chambre basse, un seuil difficile à atteindre étant donné la répartition des forces politiques. Les prochaines étapes dépendront donc autant des conclusions factuelles que des calculs politiques entre partis.
La relance de l’enquête marque une phase critique pour la vie politique sud-africaine : elle met en balance la responsabilité institutionnelle et les enjeux de stabilité politique. La constitution et le Parlement ont désormais la charge de conduire une procédure transparente et conforme au droit, tandis que l’opinion publique et les formations politiques observeront attentivement chaque étape des auditions et la manière dont seront traitées les preuves et les témoignages.