Déficit commercial du Maroc atteint 87,37 milliards de dirhams fin mars 2026
Déficit commercial à 87,37 milliards de dirhams à fin mars 2026, le taux de couverture recule à 58%
À fin mars 2026, le déficit commercial s’établit à 87,37 Mds MAD. Importations en nette hausse, exportations limitées; le taux de couverture tombe à 58%, signalant des déséquilibres.
Déficit commercial à fin mars 2026
Au 31 mars 2026, le solde du commerce des biens affiche un déficit de 87,37 milliards de dirhams, soit une détérioration de 23,9% par rapport à la même période de l’année précédente, où le déficit s’était élevé à 70,54 milliards. Cette dégradation résulte d’un décalage marqué entre la dynamique des importations et celle des exportations : les achats à l’étranger progressent nettement plus vite que les ventes vers l’extérieur.
Progression des importations
Les importations de biens ont atteint 208,1 milliards de dirhams à fin mars 2026, en hausse de 11,1% sur un an. Cette augmentation traduit une élévation de la demande intérieure pour des biens d’équipement, des matières premières et des produits énergétiques, ainsi que des besoins liés à la relance de certains secteurs. Rapportée à la période antérieure, la valeur importée a augmenté d’environ 20,8 milliards de dirhams, illustrant la pression accrue sur la balance commerciale.
Faible croissance des exportations
Les exportations se sont établies à 120,7 milliards de dirhams, en hausse limitée de 3,3% sur un an. Ce rythme modéré de croissance met en lumière des difficultés persistantes à accélérer la montée en gamme des ventes extérieures et à compenser l’augmentation des importations. L’accroissement absolu des exportations reste nettement inférieur à celui des importations, ce qui explique en grande partie l’élargissement du déficit.
Baisse du taux de couverture
Conséquence directe de ces évolutions, le taux de couverture — rapport des exportations aux importations — recule de 62,4% à 58%. Ce recul signifie que les exportations couvrent désormais une part plus faible des besoins en importations, accroissant la vulnérabilité des équilibres extérieurs. Une telle tendance peut peser sur la monnaie nationale, sur les réserves de change et sur la confiance des investisseurs si elle se prolonge.
Facteurs contributifs observés
Plusieurs facteurs contribuent à ce déséquilibre. D’abord, la hausse des prix internationaux de certaines matières premières et de l’énergie peut alourdir la facture d’importation. Ensuite, la reprise de la demande intérieure après des périodes de ralentissement pousse les entreprises et les consommateurs à importer davantage de biens intermédiaires et finis. Enfin, la performance à l’export peut être freinée par des difficultés de compétitivité, des goulots d’approvisionnement ou une demande étrangère moins vigoureuse dans certains segments clés.
Conséquences macroéconomiques et mesures possibles
Un déficit commercial en forte progression pèse sur les perspectives macroéconomiques à court et moyen terme : pression sur la balance des paiements, nécessité de mobiliser des ressources pour financer le gap commercial, et risques pour la stabilité monétaire. Pour inverser la tendance, les leviers à actionner incluent la montée en valeur ajoutée des exportations, la diversification des marchés et des produits, l’amélioration des chaînes logistiques et la réduction de la dépendance aux importations de biens énergétiques par des politiques d’efficacité énergétique et d’investissement dans les énergies renouvelables. Le renforcement du tissu industriel et des filières à haute valeur ajoutée apparaît également essentiel pour stabiliser le solde extérieur.
En l’absence d’ajustement rapide, la poursuite d’un écart important entre importations et exportations pourrait contraindre les autorités à adapter leur stratégie économique et commerciale. Des mesures ciblées de soutien aux exportateurs et des politiques visant à améliorer la compétitivité des entreprises sont susceptibles d’atténuer le creusement du déficit et de rétablir progressivement un meilleur équilibre.