Yoweri Museveni assermenté pour un septième mandat en Ouganda malgré accusations d’intimidations et d’enlèvements
Yoweri Museveni assermenté pour un septième mandat en Ouganda après des élections contestées
Yoweri Museveni a prêté serment le 12 mai 2026 pour un septième mandat en Ouganda, prolongeant un pouvoir de quatre décennies après une victoire électorale contestée marquée par coupures d’Internet et allégations d’intimidation.
Museveni assermenté pour un septième mandat
Le président Yoweri Museveni, âgé de 81 ans, a prêté serment mardi 12 mai 2026 lors d’une cérémonie tenue sur le terrain de l’indépendance de Kololo, à Kampala. L’événement a rassemblé plusieurs milliers de personnes et a officialisé la prolongation du mandat du chef de l’État après les élections présidentielles de janvier. Avec plus de quarante années au pouvoir depuis son arrivée en 1986, Museveni consolide ainsi une longévité politique qui a façonné la trajectoire nationale.
Résultats officiels et contestation de l’opposition
Les résultats proclamés après le scrutin ont attribué à Museveni une large majorité des voix, avec 71,65 % des suffrages, tandis que le leader de l’opposition, connu sous le nom de scène Bobi Wine (Robert Kyagulanyi), a obtenu 24,72 %. L’opposition a immédiatement dénoncé des fraudes massives et un bourrage des urnes, refusant la légitimité des résultats proclamés. Les tensions entre les clans politiques restent vives et ont alimenté des manifestations et des déclarations publiques de défiance après l’annonce des chiffres.
Coupure d’Internet et interruptions de campagne
Le déroulement du scrutin a été marqué par une coupure d’Internet à l’échelle nationale au moment des élections, un fait qui a considérablement réduit la circulation d’informations indépendantes et entravé la mobilisation en ligne. Durant la campagne, de nombreux rassemblements de l’opposition ont été interrompus par les forces de sécurité, limitant la capacité des candidats à rencontrer leurs électeurs et à mener des campagnes publiques sans entraves.
Arrestations, enlèvements et assignations à résidence
Après le vote, des rapports font état d’une intensification des opérations visant des membres et des responsables de l’opposition : arrestations massives, disparitions de dirigeants et assignations à résidence de proches de figures opposantes. Le chef de l’opposition a déclaré avoir échappé à une descente conjointe de la police et de l’armée dans sa résidence, tandis que sa famille a été placée sous contrôle strict. Les allégations d’enlèvements et d’intimidation ont été abondamment relayées, suscitant des inquiétudes sur l’espace politique et les libertés civiles dans le pays.
Bilan des violences et chiffres contradictoires
Plusieurs incidents violents ont été rapportés, dont une attaque ciblant le domicile d’un député local de l’opposition dans la localité de Butambala. Les bilans fournis par différentes parties divergent : l’opposition évoque la mort d’une dizaine de personnes lors d’opérations policières, tandis que les autorités affirment que sept personnes ont été tuées après des attaques menées par des individus armés de machettes contre un commissariat et un centre de dépouillement des votes. Durant la campagne, au moins une personne a trouvé la mort lors d’affrontements et de descentes des forces de l’ordre sur des rassemblements, selon les signalements postérieurs au scrutin.
Modifications constitutionnelles et perspective de succession
Depuis son accession au pouvoir en 1986, Museveni a fait modifier la Constitution à deux reprises pour supprimer les limites d’âge et de mandat, ouvrant la voie à une présence prolongée à la tête de l’État. Son bilan est jugé par certains Ougandais comme ayant apporté stabilité et croissance économique après des décennies de troubles, tandis que d’autres dénoncent la concentration du pouvoir. La question de la succession reste ouverte : le nom du fils de Museveni, le général Muhoozi Kainerugaba, a été évoqué comme un candidat potentiel à terme, ravivant les débats sur la dynastie politique et l’avenir institutionnel du pays.
La prestation de serment de Museveni scelle une nouvelle période politique pour l’Ouganda, mais laisse intactes de nombreuses questions sur la légitimité électorale, le respect des droits civils et la capacité des institutions à garantir des transitions démocratiques apaisées.