Trêve à Gaza paralysée: Mladenov conditionne rôle politique du Hamas au désarmement
Nickolay Mladenov propose un rôle politique au Hamas si le groupe se désarme, mais la trêve reste paralysée
Nickolay Mladenov ouvre la porte à un rôle politique pour le Hamas s’il se désarme; le cessez‑le‑feu à Gaza reste bloqué et les violences se poursuivent.
Nickolay Mladenov, diplomate en charge de la supervision du cessez‑le‑feu négocié par les États‑Unis au sein du Conseil international pour la paix lié à l’administration de Donald Trump, a déclaré à Jérusalem qu’il envisagerait un rôle politique pour le Hamas dans la bande de Gaza à condition que le groupe remette ses armes. Sa intervention, formulée lors d’une rare conférence de presse, marque une évolution notable dans les discussions sur l’avenir de l’enclave après le conflit.
Position de Mladenov sur l’avenir politique du Hamas
Mladenov a souligné que les interlocuteurs internationaux « ne demandent pas au Hamas de disparaître en tant que mouvement politique », mais que la condition préalable à toute intégration politique reste le désarmement. Il a décrit le retrait des armes comme « non négociable » et présenté le désarmement comme la clé permettant le retrait progressif des forces israéliennes et l’amorce d’une reconstruction durable.
Obstacles au passage à la phase suivante de l’accord
Les négociations progressives prévoyaient plusieurs étapes : la libération de captifs, la remise des armes par le Hamas, le retrait de forces et la reconstruction des zones endommagées. La première phase, qui a inclus un échange de détenus et la libération des derniers captifs enlevés dans le sud d’Israël en octobre 2023, a été mise en œuvre, mais la transition vers la deuxième phase est bloquée précisément sur la question du désarmement. Mladenov a insisté sur la nécessité que tous les éléments du plan soient mis en place pour garantir un retrait effectif des forces israéliennes.
Violences et bilans depuis la trêve signée le 10 octobre 2025
Depuis l’entrée en vigueur du cessez‑le‑feu le 10 octobre 2025, la situation sur le terrain reste volatile. Les forces israéliennes contrôlent toujours plus de la moitié de la bande de Gaza et, selon les chiffres rendus publics lors des dernières déclarations, au moins 856 Palestiniens ont été tués depuis le début de la trêve. Des observateurs indépendants ont rapporté une augmentation des frappes au cours du mois d’avril, évaluée à plusieurs dizaines de pourcentages par rapport au mois précédent. Par ailleurs, les violences survenues depuis un arrêt partiel des bombardements conjoints ont concentré la puissance de feu sur l’enclave pendant plusieurs semaines.
Répliques du Hamas et accusations croisées
Le porte‑parole du Hamas a réagi vivement aux déclarations de Mladenov, en demandant d’abord d’identifier « la partie qui viole le cessez‑le‑feu ». Le mouvement a appelé à ce que des pressions s’exercent sur Israël pour respecter les engagements de la première phase et entamer les discussions prévues pour la deuxième. Le Hamas affirme avoir répondu positivement aux propositions des médiateurs et dénonce ce qu’il considère comme des manquements israéliens. Les deux camps s’échangent des accusations de violations, rendant toute avancée politique difficile tant que la confiance n’est pas rétablie.
Aide humanitaire et reconstruction empêchées par le statu quo
Les acteurs humanitaires dénoncent des blocages persistants à l’entrée des volumes d’aide annoncés pour la population gazaouie. La reprise d’un calendrier de reconstruction est subordonnée à la mise en œuvre complète de l’accord de cessez‑le‑feu, y compris la sécurisation du territoire et la libre circulation des cargaisons d’aide. Les autorités sanitaires locales ont signalé, depuis le début d’avril, la mort de dizaines de civils supplémentaires – parmi eux des femmes et des enfants – lors des incidents survenus après la trêve partielle entrée en vigueur le 8 avril. Tant que la question du désarmement ne sera pas résolue, les infrastructures essentielles resteront fragiles et la reconstruction ne pourra pas commencer à grande échelle.
La proposition de Mladenov d’un rôle politique conditionné au désarmement introduit une nouvelle piste pour sortir de l’impasse politique, mais elle repose sur des concessions difficiles des deux côtés. Sans mécanismes crédibles de verification et sans garanties tangibles pour la livraison de l’aide et la protection des civils, les étapes suivantes de l’accord risquent de rester théoriques. Le futur immédiat de Gaza dépendra de la capacité des médiateurs à transformer ces déclarations en actions vérifiables et de la volonté des parties concernées d’accepter des compromis concrets.