Gazoduc Afrique-Atlantique Nigéria-Maroc vu comme moteur d’intégration et de développement africain
Le gazoduc Afrique‑Atlantique Nigéria‑Maroc présenté comme moteur d’intégration à l’Africa CEO Forum 2026
AAGP présenté à Kigali le 14 mai 2026 : un gazoduc visant à améliorer l’électrification, stimuler l’industrie, créer des emplois et diversifier l’énergie.
Le projet de Gazoduc Afrique‑Atlantique Nigéria‑Maroc (AAGP) a été présenté comme un levier majeur d’intégration économique et énergétique lors d’une table ronde tenue le jeudi 14 mai 2026 à Kigali en marge de l’Africa CEO Forum 2026. Amina Benkhadra, directrice générale de l’Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM), a souligné l’ampleur territoriale et les retombées attendues du projet pour les pays d’Afrique de l’Ouest et pour le Maroc.
Intervention et message central
Lors de son intervention, Amina Benkhadra a rappelé que l’AAGP s’inscrit dans une vision commune d’intégration continentale. Le message central a porté sur la capacité du gazoduc à connecter des marchés énergétiques, à améliorer l’accès à une énergie plus durable et à favoriser des synergies industrielles entre les États traversés.
Parcours géographique et pays concernés
Le tracé annoncé longe la côte atlantique et traverserait treize pays d’Afrique de l’Ouest. Ce corridor maritime‑continentale a été présenté comme stratégique pour desservir des zones à faible taux d’électrification, en particulier des pays où ce taux est inférieur à 40%. Les intervenants ont mis l’accent sur la dimension transfrontalière et la nécessité de coordination entre États pour la réalisation des travaux.
Effets sur l’électrification et la production d’électricité
Le projet vise à accroître l’offre de gaz disponible pour la production d’électricité. Les organisateurs ont expliqué que l’arrivée d’un approvisionnement fiable en gaz naturel pourrait permettre le développement de centrales thermiques modernes et d’unités de production décentralisées, contribuant ainsi à réduire les déficits énergétiques et à améliorer la stabilité des réseaux électriques.
Retombées industrielles et création de valeur locale
Au‑delà de la seule production d’électricité, la disponibilité accrue de gaz est présentée comme un catalyseur pour des secteurs stratégiques : mines, engrais, pétrochimie, ciment et alumine. La directrice de l’ONHYM a insisté sur l’opportunité d’utiliser ce nouvel approvisionnement pour transformer localement des matières premières et créer de la valeur ajoutée au lieu d’exporter des minerais à l’état brut.
Impacts socio‑économiques et emplois
Les porteurs du projet mettent en avant un potentiel significatif de création d’emplois directs et indirects, ainsi que des effets positifs sur le développement social, notamment pour la jeunesse africaine. Les phases de construction, d’exploitation et de maintenance devraient générer des opportunités dans les domaines techniques, logistiques et administratifs selon les éléments présentés à Kigali.
Dimension internationale et sécurité d’approvisionnement
L’AAGP a été présenté également sous l’angle de la coopération intercontinentale : une partie des capacités pourrait être orientée vers l’exportation vers l’Europe. Les intervenants ont avancé que cette option contribuerait à diversifier les sources d’approvisionnement énergétique entre l’Afrique et l’Europe et à renforcer la sécurité énergétique mutuelle, sans toutefois entrer dans les détails contractuels ou calendriers de livraison.
L’annonce faite lors de l’Africa CEO Forum 2026 s’inscrit dans un débat plus large sur la taille critique des entreprises et des projets africains, thématique centrale de l’événement organisé à Kigali par Jeune Afrique Media Group en partenariat avec la Société financière internationale. Les responsables et acteurs présents ont mis en relief la nécessité d’une gouvernance robuste, d’investissements privés et publics coordonnés, et de cadres réglementaires harmonisés pour assurer la viabilité technique, financière et environnementale du projet.
La mise en œuvre effective du gazoduc exigera des étapes détaillées de planification, d’évaluation d’impact environnemental et social, de sécurisation des financements et d’accords intergouvernementaux. Les bénéfices annoncés — meilleure électrification, relance industrielle, création d’emplois et diversification des marchés d’exportation — resteront conditionnés à la réalisation pratique et à la gouvernance du projet à chacune de ses phases.