Assurances au Maroc : primes à 21,3 MMDH au premier trimestre 2026
Assurances au Maroc au T1 2026 : primes à 21,3 MMDH, forte montée de la branche Vie
Le secteur des assurances enregistre une hausse de 17,2 % des primes au premier trimestre 2026, avec 21,3 milliards de dirhams mobilisés et un mouvement marqué vers les produits d’épargne en unités de compte.
Croissance globale et chiffres clés
Les primes émises pendant le premier trimestre 2026 ont atteint 21,3 milliards de dirhams, soit une progression de 17,2 % par rapport à la même période de l’année précédente. Cette croissance découle d’une dynamique favorable sur les deux grandes branches du secteur, Vie et Non Vie. Le montant total des prestations et frais versés au cours du trimestre s’élève à 10,5 milliards de dirhams, en progression de 4,6 %, répartis entre 4,88 milliards pour la branche Vie et 5,61 milliards pour la branche Non Vie.
Tendance remarquable de la branche Vie
La branche Vie connaît une progression notable de 37 %, avec des primes atteignant 8,2 milliards de dirhams. Cette performance est principalement portée par le segment d’épargne en unités de compte, qui progresse très fortement, augmentant de 385,9 % et totalisant 1,93 milliard de dirhams. Les autres segments de la branche Vie enregistrent également des gains, les supports en dirhams augmentant de 13,4 % et les contrats couvrant le risque décès progressant de 6,8 %. L’évolution suggère un intérêt accru pour des enveloppes d’épargne liées aux marchés financiers, ainsi qu’une montée en gamme des offres d’épargne proposées par les entreprises.
Performance de la branche Non Vie
La branche Non Vie affiche une hausse plus modérée mais soutenue de 7,5 %, pour un total de 13,1 milliards de dirhams. Les segments les plus dynamiques sont les risques techniques, en hausse de 41,9 %, le crédit caution qui croît de 26,7 %, et l’assurance automobile qui progresse de 10 %. Cette répartition reflète à la fois une amélioration de l’activité économique sous-jacente et une diversification des nécessités de protection, notamment dans les segments liés au crédit et aux risques techniques.
Évolution des prestations et de la sinistralité
Les prestations et frais payés au cours du trimestre augmentent de 4,6 %, ce qui traduit une montée des engagements financiers des assureurs mais sans accélération comparable à celle des primes. La charge sur la branche Vie représente près de la moitié des paiements totaux et reste concentrée sur les prestations d’épargne et de garantie. Pour la branche Non Vie, l’augmentation des prestations reflète en partie la montée des sinistres sur certains segments et un enjeu de repricing sur des lignes comme l’automobile.
Structure des placements et allocation d’actifs
Les placements affectés par les entreprises du secteur atteignent 239,4 milliards de dirhams, en progression de 2,9 % par rapport à décembre 2025. La composition des actifs montre une prédominance des actifs de taux qui représentent 47 % du portefeuille. Les actifs d’actions constituent 43 % du total, les placements immobiliers 6 % et le reste des actifs 4 %. Cette allocation indique une sensibilité élevée aux marchés financiers et aux variations de taux, les actions occupant une part significative du bilan des assureurs.
Impacts et défis pour les acteurs du secteur
La montée des produits d’épargne en unités de compte et la forte pondération en actions dans les placements renforcent le lien entre performance des marchés et stabilité des bilans des assureurs. Les acteurs doivent gérer simultanément la volatilité des marchés et la nécessité de proposer des rendements attractifs pour capter l’épargne. Sur le plan prudentiel, une part importante d’actifs risqués requiert des dispositifs de gestion du risque et de liquidité adaptés, ainsi qu’un suivi des engagements techniques.
Les résultats du premier trimestre 2026 illustrent une reprise robuste de la collecte de primes, portée par des choix d’épargne plus orientés vers les supports liés aux marchés. Les assureurs et les régulateurs auront à suivre de près l’évolution de la sinistralité dans la branche Non Vie et l’exposition aux marchés financiers pour assurer un équilibre durable entre rendement et solvabilité.