FICAM 2026 à Meknès la jeunesse construit l’écosystème du cinéma d’animation marocain
FICAM 2026 à Meknès : la jeunesse propulse le cinéma d’animation marocain vers une structuration durable
FICAM 2026 à Meknès (15–20 mai) mise sur la jeunesse pour structurer une industrie de l’animation marocaine et stimuler formations et coproductions régionales.
Le Festival international du cinéma d’animation de Meknès (FICAM), 24e édition, s’est tenu du 15 au 20 mai 2026 avec un positionnement clair : transformer la consommation d’images en une pratique collective et professionnelle, portée par les jeunes. Face à une scène locale encore en construction, le festival a articulé programmation, formation et espaces de création pour favoriser la naissance d’un écosystème de l’animation au Maroc et dans la région.
Ouverture et hommages Fayez Al Sabbagh et Michel Ocelot présents
L’inauguration a rendu hommage à Fayez Al Sabbagh, figure qui a marqué l’enfance de millions d’enfants dans le monde arabe, tandis que la présence de Michel Ocelot a renforcé la tonalité pédagogique du festival. Les conférences d’ouverture, centrées sur le thème « La jeunesse fait son cinéma d’animation », ont insisté sur le rôle de l’animation comme lieu de formation des imaginaires et des valeurs sociales, en insistant sur la transmission intergénérationnelle et l’exigence du récit.
Sélection longs métrages diversité narrative et techniques
La sélection des longs métrages a mis en avant sept œuvres distinctes, allant du biopic animé aux propositions expérimentales. Sylvain Chomet ouvre la compétition avec Marcel et Monsieur Pagnol, une méditation sur la mémoire. Parmi les titres programmés figurent aussi Allah n’est pas obligé, Le secret des mésanges en papier découpé, Olivia et le tremblement de terre invisible en stop-motion, Amélie et la métaphysique des tubes, Arco en science-fiction optimiste, et La mort n’existe pas, reflet tragique et fantastique. Ces films témoignent d’une écriture animée qui privilégie le geste, l’invention formelle et l’engagement narratif.
Coulisses et formation Forum métiers et ateliers pratiques
Le cœur opérationnel du FICAM a été ses espaces de transmission : masterclass, making of, résidences et ateliers pratiques. Le Forum des métiers, centré sur l’emploi et la formation, a réuni professionnels et enseignants pour confronter les besoins des studios aux cursus pédagogiques. Les échanges ont porté sur l’hybridation des formats, les réalités économiques, les possibilités de coproduction et l’intégration des nouvelles technologies, toujours en lien avec la nécessité de professionnaliser les jeunes talents.
Compétition VR et expérimentations immersives
Le festival a renforcé son engagement envers les écritures immersives avec la troisième édition de la Compétition VR. Présentations de work in progress et making of détaillés ont permis au public et aux étudiants de comprendre les processus techniques et artistiques, du compositing à la fabrication manuelle des marionnettes. Ces sessions ont aussi servi de plateforme pour questionner l’impact de l’intelligence artificielle sur les méthodes de travail sans renier l’artisanat sensible.
Actions pour le jeune public projections scolaires et ateliers « Fais ton cinéma »
FICAM a largement investi l’espace urbain pour toucher les publics scolaires et les familles : projections en plein air dans la médina, séances « Trop classe le ciné ! » pour les groupes scolaires, ateliers « Fais ton cinéma ! » et un pique-nique cinématographique. Ces initiatives visent à faire passer plus de 200 élèves et étudiants de simples spectateurs à acteurs de la création, en les confrontant tôt aux techniques de prise de vue image par image et à la fabrication de personnages.
Réseaux et coproductions Carrefours arabe et africain
Le festival a consolidé ses partenariats régionaux et internationaux avec des structures comme Animatex (Égypte), Beirut Animation Nights (Liban) et l’association N.A.W.A.L. (Canada), affirmant Meknès comme plateforme de rencontres pour producteurs, studios et auteurs du monde arabe et africain. Ces collaborations sont présentées comme indispensables pour permettre aux productions locales d’accéder à des financements, co-productions et circuits de diffusion durables.
Le bilan de cette 24e édition montre un festival qui ne promet pas de miracle instantané, mais qui agit concrètement pour structurer la filière. En axant ses priorités sur la formation, la mise en réseau et l’exposition des processus créatifs, le FICAM pose des jalons pour que les histoires marocaines et régionales trouvent des formes animées variées et pérennes. Terminer la semaine à Meknès, c’est constater que l’animation devient moins une aspiration qu’un chantier collectif où se construisent, frame par frame, des vocations et des métiers.